L’art de ressembler à un plot de signalisation dans un manteau tellement grand qu’on ne voyait plus mes mains…

Aujourd’hui, c’était « sortie scolaire ». Les contrôleurs nous ont emmenés, collègue O et moi sur leur terrain. Au revoir le programme foireux qui plante tout le temps, le mug de thé et la chaise de bureau qui descend toute seule, bonjour les chaussures de sécurité, le manteau jeune fluo beaucoup trop grand pour moi (ce qui a fait rire tout le monde) et l’immense parking d’un ancien point frontière.

Ha et lasagnes aussi… En plus elles étaient bonnes.

Sur le coup, je flippais un peu. Rester 7h sur le bord de la route avec 5 gars en liberté (collègue O, les contrôleurs C et A ainsi que 2 gendarmes) à arrêter des camions, sans possibilité de pause pipi, debout dans les courants d’air avec des chaussures de sécurité empruntées à une collègue et un manteau démesuré… Je m’attendais à ce que la journée soit assez longue. Et au final, pas du tout. Bien au contraire, même : C était tout content d’avoir une « stagiaire », A était tout foufou de passer la journée avec moi (on se connaît depuis loin), O était manifestement heureux de sortir du bureau et les gendarmes ont trouvé notre petite troupe tellement sympathique que lorsqu’ils ont croisé 3 gros convois pouvant nous intéresser alors qu’ils étaient partis déjeuner, ils les ont escortés jusqu’à nous. Des gens charmants, soit dit en passant et qui étaient tellement presque en règle qu’on n’a rien dit.

L’après-midi, après une pause lasagnes aux poivrons sur fond de « Comment confectionner un costume pour une soirée extra-terrestre ? », nous avons eu le droit à un convoi improbable qui a collectionné je ne sais combien d’infractions (en plus le gars nous a pris de haut… On était obligé de le recadrer), une semi-remorque biélorusse qui perdait son chargement et un conducteur de voiture pilote très chiant, genre « contrôle débile limite abusif ». Quand il a découvert, alors qu’il faisait son kéké sur le parking, que la seule et unique infraction que l’on retenait au convoi était due à un oubli de sa part, il faisait moins le malin.

Son collègue en revanche, semblait presque reconnaissant.

En bref, excellente journée. Des rencontres sympas, une expérience enrichissante… Mais je crois que j’y ai laissé un orteil et que ma vessie ne me pardonnera jamais un coup pareil.

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De l’incompétence en veux-tu en voilà…

Dimanche, j’ai voulu faire une simulation d’assurance. Résultat, ma boîte mail est submergée de relances. Vous avez fait une simulation mais vous n’avez pas souscrit à l’offre. Faites le vite ! Pourquoi vous ne l’avez pas encore fait ? Hey, vous nous avez oublié ! Revenez ! Viens nous donner ton fric, salope !

J’ai vraiment eu le nez fin de mettre un faux numéro (le propriétaire du dit numéro, s’il existe, doit me haïr). J’ai repensé à cette mutuelle qui m’appelait 6 fois par jour pour que je signe chez eux. J’étais tellement épuisée que j’avais fini par céder et faire valoir mon droit de rétractation. C’était finalement plus simple. Surtout en écrivant le mot « harcèlement » dans le courrier recommandé.

Depuis lundi, 3 ouvriers (rien que ça) sont dans mon bureau pour installer une cloison de 3m de long. Après 2 jours de travail, on a une bâche de fixée et un rail de posé. Ah et un ouvrier blessé. Sachant que demain, le 2ème sera en congés, il ne nous reste plus que celui réputé pour son alcoolisme. Si vendredi la cloison qui devait être posée en 2 jours est finie (on ne parle même pas des peintures), on pourra s’estimer heureux.

Ils sont bruyants, maladroits (d’où le doigt cassé) et grossiers. Mes tympans saignent.

Toute la journée, le logiciel en ligne que nous utilisons pour travailler a été en rade. En tout, il a du fonctionner 3 heures. Réponse de la maintenance : « Vous avez fait une mauvaise manipulation. Je ne sais pas laquelle mais vous en avez fait une » Moui… Donc ça veut dire que les instructeurs de TOUTE la France et TOUS les transporteurs circulant en France ont fait EXACTEMENT la MÊME mauvaise manipulation en MÊME TEMPS.

On est fort. Très fort.

Prends nous pour des jambons, la maintenance…

Mon collègue en congés cette semaine a accumulé une cinquantaine de dossiers en retard et je comptais profiter de son absence pour lui filer un coup de pouce. Mais l’informatique semble en avoir décidé autrement.

Ce midi, une homologue d’un autre département m’a demandé pourquoi je m’étais trompée dans mon dossier. Je ne me suis pas trompée. C’est le département limitrophe qui a merdé mais comme il ne répond pas, elle en déduit que la faute vient de moi. Je lui ai expliqué que l’erreur ne pouvais pas venir de moi mais que si vraiment elle y tenait, je céderais à son caprice. Vu la tournure de la phrase, si elle a un minimum de fierté, elle devrait me lâcher.

La semaine dernière, j’ai déposé un chèque de 1000€. Ce soir, je découvre que mon compte n’a été crédité que de 100€.

C’est une idée où le déclin de notre civilisation a passé un nouveau stade ?

Décès brutal par étouffement à la cantine. Armes du crime : Une histoire de fringue et du flan au Spéculoos.

« Le problème avec les vêtements grande taille, c’est qu’ils ressentent toujours le besoin de meubler l’espace. Autant de tissu ? Vite, mettons du motif ! Et c’est comme ça qu’il y a 7 ou 8 ans, on m’a généreusement offert comme cadeau de départ un t-shirt blanc transparent avec la photo de Marilyn Monroe dessus. Je déteste Marilyn Monroe… « Haha, j’ai dit que je dormais avec du Chanel parce que je ne pouvais quand même pas dire que je dors toute nue… » qu’elle a raconté au journaliste avec son air godiche. C’est justement ce que tu viens de faire, ribaude ! Non vraiment, comment peut-on l’aimer quand les blondes faciles, droguées et cruches ne nous excitent pas ? Je ne comprends pas. Bref. Tout ça pour dire qu’évidemment, on m’a lourdement encouragée à essayer le dit t-shirt. Ah ça qu’elle allure ! Robert et Bernard… Oui, ce sont mes seins. Robert et Bernard étaient tellement fiers derrière le front de la godiche – pour une fois qu’elle avait quelque chose derrière le front – qu’elle avait l’air d’un mix entre une triso et l’alien blonde sous couverture dans Mars Attack. Et alors que les autres, mal à l’aise quand-même, me disaient que le t-shirt m’allait bien, je les remerciais en imaginant quelle mort atroce j’allais infliger à ce vêtement. Oui et aux ex-collègues aussi, j’avoue… »

Et c’est ainsi que ce midi, hilares, une collègue et nos 2 chefs préférés ont découvert que mon sein gauche s’appelait Bernard…

Plus qu’une semaine…

Faisons un point rapide. Oui, je vais (il le faut) me mettre aux points rapides pour éviter de laisser ce blog en désuétude comme cet automne… Faisons donc un point rapide :

  • J’ai reçu samedi une relance des pompes funèbres car ils n’avaient pas été payés. Ils avaient le chèque sur le bureau mais n’osaient pas l’encaisser car il représentait la totalité alors qu’ils sont habitués à être payés par petits bouts. Qui c’est qui a flippé tout le week-end à se demander où ce fichu chèque avait bien pu passer ? Et oui…
  • J’attendais que ce chèque soit encaissé pour faire un point sur mes finances et, si possible, mettre des sous de côté. Du coup, ça m’a un peu gonflé et je viens de basculer plein de sous sur mon livret A (cagnotte mobile-home).
  • Plein parce que 1, j’ai vécu comme un moine depuis fin octobre et 2, soit j’ai eu une prime, soit mon boulot s’est raté mais il m’a versé 1000€ de trop. Le temps qu’ils réagissent et me les réclament à grands renforts de menaces et d’accusations (ils font ça souvent pour masquer leurs boulettes), les sous vont me faire 1 ou 2 centimes d’intérêts. C’est toujours ça.
  • Et puis comme le compte est encore au vert (quand je vous dis que j’ai vécu comme un moine) j’en ai profité pour me commander des collants noirs opaques pour pouvoir mettre des robes cet hiver. Parce qu’en ce moment, c’est leggins + bottes et faire la route le matin avec des talons, ça me tente moyen… Donc qui dit collants dit retour des chaussures plates et ça, c’est beaucoup plus dans mes cordes.
  • Oui bon ok, c’est surtout que j’ai eu pour noël un super manteau et que les baskets, ce n’est pas terrible avec. Quoi que la paire dépareillée ? Faudra que je tente demain.
  • Au fait, ça existe encore les fuseaux ?
  • En ce moment, je mange tous les midis avec 2 de mes chefs. On papote à mort, on refait le monde, on compare nos casseroles… On est vraiment loin de l’ambiance parisienne !
  • Une « nouvelle » boutique a ouvert dans le centre commercial près de chez moi. Enfin nouvelle… Ça fait tellement longtemps que je n’y étais pas allée que si ça tombe, ça fait 2 ans qu’elle existe. Enfin. J’y suis passée vite fait la semaine dernière pour acheter du papier cadeau (la fille qui a fait TOUS ses achats de noël en novembre et qui doit courir dans la cohue des retardataires parce qu’elle a oublié le papier cadeau…) et j’ai découvert un stock de notes adhésives que je n’avais pas : Il y en a des tonnes ! Je sens qu’il va falloir trouver une boite plus grande pour ma collection…
  • J’avais dit quoi au fait ? Point… Rapide ?

Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…

De l’art de culpabiliser parce que je demande à des gens de faire leur travail…

Le tout en m’excusant d’exister…

 

Mail à la boutique d’aquarium parce qu’il manque la moitié des pièces dans la boite : Fait.

4ème mail pour demander le reliquat de mes congés et compte épargne temps : Fait.

3ème mail pour faire corriger ma modalité de temps de travail : Fait.

3ème appel au chauffagiste parce qu’il a augmenté la température de l’eau chaude au lieu des radiateurs : Fait.

2ème appel au livreur : Fait

Énième appel au propriétaire de l’appart du dessus franchement insalubre : Fait.

 

Je suis dans la merde pour un tas de trucs :

Je dois poser des congés mais Paris traîne à envoyer mon reliquat. Apparemment, ils attendent de moi que je fasse l’impasse sur 13 jours de congés et 12 jours sur le CET. Bah tiens !

La nana qui gère le programme de pointage s’est planté dans ma modalité et ne peut pas le corriger elle-même. Résultat, je me retrouve à devoir chaque jour bosser 30 minutes de plus pour être dans les clous. Et comme je n’ai pas tout de suite eu accès au site de contrôle, j’ai 5h de boulot à « rattraper » au lieu de les avoir en heures supplémentaires. Je vois légèrement rouge.

 

C’est bizarre, mais je m’attends à ce qu’ils ne me payent pas à la fin du mois parce que mon service de départ n’aura pas transmis les documents nécessaires.

 

Je ne suis pas une chieuse. Entre un mail et sa relance, il s’écoule généralement une semaine. Bon, j’avoue que pour la 4ème relance pour le reliquat, je n’ai attendu « que » 5 jours. Mais c’est parce qu’on nous a annoncé que les serveurs avaient eu un gros problème lundi vers l’heure à laquelle j’avais envoyé ma 3ème relance et qu’il y avait donc de grandes chances que mon mail ne soit jamais parti.

Mais tout ça me rend quand même dingue : Comment se fait-il qu’il faille systématiquement relancer, insister, quémander voire menacer pour que les gens daignent enfin faire leur travail ou assumer leurs responsabilités en nous lançant des regards chargés de reproches ?

De quoi avoir le sourire banane !

Le vendredi, le Juteux aime bien me gâcher le week-end. Alors une de ses grandes manies, c’est de débarquer à 16h25 dans le bureau et de m’annoncer : « je vous verrai dans mon bureau la semaine prochaine » juste avant de partir lui, en week-end. Et généralement, il me laisse mariner toute la semaine pour me recevoir… Le vendredi. Il me l’a fait pour me rappeler que notre chef était Dieu sur Terre pour moi et que je lui devais une reconnaissance éternelle, pour m’annoncer qu’il ferait tout pour bloquer ma mutation, que rien ne me garantissait que je trouverai un jour un poste dans ma région… Une fois il a varié les plaisirs en envoyant un mail à 16h25 un jeudi… Normal : Il avait posé congés le vendredi.

Ça doit l’exciter de savoir que quelqu’un rumine/pleure/vomi tout le week-end à cause de lui. Ça doit lui donner une certaine sensation de pouvoir, de ne pas avoir raté sa vie. Mon pauvre… Tu es tellement aigri et ça se voit tellement dans tes yeux niais qu’il est évident que si : tu as raté ta vie. Alors branle-toi en regardant des femmes pleurer si c’est ça qui te fait bander mais n’espère aucune larme de moi.

Bref, ce passage du vendredi est toujours de mauvais augure et vendredi dernier, 16h25, rebelote : « Je vous verrez jeudi après-midi dans mon bureau ».

Mais cette fois-ci, j’ai décidé de ne pas m’en inquiéter. Au stade actuel, que peut-il me faire ? Me dire tout le mal qu’il pense de moi ? Je n’ai pas à écouter ce genre de chose et j’avais pris la ferme intention, si tel était le cas, de quitter son bureau sans dire un mot. A la rigueur un petit doigt d’honneur… Et encore ! Seulement si j’avais le temps de me mettre une couche de vernis. S’il prévoyait de me faire son numéro comme le mois dernier du « je ne suis pas un monstre, c’est vous qui diabolisez tout ce que je fais ou dis alors culpabilisez !», je comptais lui répondre dans un grand soupir un truc du genre : « Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Dans 2 mois j’aurais oublié jusqu’à votre nom. »

Un entretien chaleureux en préparation, en somme…

Ce matin, 11h25, le voilà qui débarque avec son éternelle mine épuisée. Épuisé de se balader en fanfaronnant avec son adjointe ? De picoler dans la salle de réunion ? De ne pas assurer ses fonctions et de nous reprocher de ne pas le faire à sa place ? Aucune idée. Et honnêtement, je m’en fiche pas mal. Il me salue avec sa posture « tu es une bête sauvage et je sens que tu veux me sauter à la gorge pour me l’arracher à coups de dents » (pas totalement faux, soit dit en passant) puis part saluer plus chaudement mes vieilles collègues qu’il devait recevoir dans son bureau aujourd’hui : « On fera ça la semaine prochaine, là je rentre chez moi je suis en arrêt cette semaine et on m’a bien dit de rentrer tout de suite… »

Hein ? Quoi ? Toute la semaine ? Genre… Jeudi aussi ?! Donc pas de tête à tête douteux dans son bureau surchauffé ?

Je n’ai pas moufté. Du tout. J’ai laissé passer l’annonce en douceur dans ma petite tête, tenté avec succès je pense de cacher mon sourire soulagé et me suis concentré à fond sur l’appel que je recevais, trop absorbée par les propos d’une grognasse qui me menaçait de vendre des défenses d’éléphants au marché noir si jamais le ministère ne se magnait pas le cul pour faire attention à ce qu’il racontait.

Il est parti et basta.

Je ne le verrai pas de la semaine et basta.

Sur le coup, c’est tout ce que j’ai assimilé. C’était largement suffisant pour mon bonheur. J’ai même envoyé un sms à ma mère pour le lui annoncer, elle qui était prête à zapper sa 2ème semaine de vacances pour roder près de moi telle une hyène affamée, prête à lui broyer les couilles s’il faisait de la peine à son bébé…

Finalement, sa façon de me considérer comme une bête sauvage (et blessée donc encore plus dangereuse) ce n’est peut-être pas si idiot.

Mais c’est à 17h, une fois rentrée chez moi que j’ai pris pleinement conscience de la situation : Il est donc en arrêt jusque lundi 19 et moi en congés du samedi 17 à début octobre, jour de ma mutation. Donc à moins d’un sacré coup de pute du destin, ce matin à 11h25, c’était la DERNIÈRE fois que je voyais cet homme, la dernière fois que je souffrais de sa présence… Je ne reverrai plus JAMAIS cet être abject. C’est fini. J’ai encore 2 jours au bureau, une nuit de permanence dans le studio qui pue, je suis en vacances dans 5 jours mais ÇA Y EST ! Le Juteux est enfin de l’histoire ancienne.

C’est de loin le plus beau cadeau de départ qu’il pouvait me faire, cet espèce de gros connard d’enfoiré de sa mère la pute en short de peau de chèvre galeuse.

Et putain que c’est bon !