Une histoire de poils, d’ovaires, d’aquagym…

Fin avril donc, niveau santé, c’était l’enfer : Douleurs insupportables, saignements constants, retour des poils… J’avais donc noté tous les points négatifs de la fin de traitement (je voulais aussi mettre les points positifs mais je n’en ai trouvé aucun) pour expliquer à la gynéco que l’important pour moi n’était pas de pouvoir faire des enfants que je ne pourrais pas élever correctement car trop malade et trop honteuse de mon état de femme gorille pour oser les approcher mais tout simplement d’oser sortir de chez moi sans avoir peur du regard des autres, d’avoir la force physique d’aller travailler… En bref, de pouvoir vivre.

Fort heureusement, je suis tombée sur une gynéco féministe jusqu’au bout des ongles qui a tout de suite compris que s’acharner à me rendre féconde était une vaste connerie. De toute façon, pour elle c’est peine perdue.

Retour donc du traitement qui me manquait tant et de la félicité d’une pré-puberté médicale et d’hormones de synthèse. Certes, je suis donc stérile pour de bon mais je peux aller à l’aquagym n’importe quand et oh bon sang que c’est bon de pouvoir marcher sans avoir la sensation qu’un club de tricot sévit à la place de mes ovaires !

Le hic, c’est que 2 mois sans traitement et pratiquement tout est à refaire. Mais je suis optimiste. Je sais que ça marche et que pour au moins les 10 années à venir, je vais avoir la paix de ce côté là.

Et puis comme elle le dit si bien : Si je veux une famille, il doit bien y avoir quelque part un veuf à la recherche d’une maman de secours pour ses enfants…

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Hyperandrogénie, grandes marées et abri de jardin…

J’ai terminé mon traitement mi février et c’est l’enfer : Les poils sont revenus presque immédiatement, ainsi que les cernes et le teint brouillon. En bref, retour un an en arrière. Un peu comme si mon organisme cherchait à me punir d’avoir voulu le remettre dans le droit chemin.
Mais que les médecins se rassurent, eux ont eu ce qu’ils voulaient : J’ai eu mes règles. Hémorragies qui m’ont clouée au lit deux jours, qui ont duré une semaine et qui ont été extrêmement douloureuses. Rien ne pouvait soulager les douleurs. Je ne suis pas douillette mais là sérieux, c’était invivable. 28 jours plus tard, je m’attendais à une nouvelle tempête… Mais non. Je vis dans la crainte constante du retour. Donc annulation de l’aquagym, vacances en mode stressée, le sac à main bourré de tout ce qu’il faut… Autant dire que je ne vis plus. Pour moi, c’est un échec total.

RDV à l’hôpital mi-mai… Va falloir sévir !

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L’aménagement du chalet avance bien. Je dois peindre mes tables de salon, trouver des assiettes, une télé digne de ce nom, un cadre pour le séjour, un tapis (pour cet hiver, j’ai le temps) et un parasol. Non parce que sérieux, la terrasse plein sud dans les Flandres : tu meurs !
J’avais prévu d’installer un abri de jardin pour la tondeuse, les bacs à plante, le stock de PQ, etc… mais ceux d’occasion sur place sont vraiment trop amochés et ceux dans les magasins sont chers, pas assez épais à mon goût (le vent est terrible) et surtout volumineux à transporter. Alors j’ai commencé à songer aux caisses en plastique à roulettes et couvercle que j’aurais pu glisser sous le chalet. Et pendant que je discutais de ça avec la belle-mère de Vito Corleone (faute de mémoire des noms, je donne des surnoms), j’ai entendu que le vieux mobile-home à côté de moi, la vieille chose ringarde à la terrasse couverte, clôture et abri de jardin énooooorme était toujours à vendre et que le prix était devenu des plus abordables : l’équivalent des frais d’évacuation de la parcelle si jamais personne ne le prend d’ici fin avril.
Et là je me suis dis : Bon plan ! Puisque je ne peux pas me débarrasser du Gros Bébé (que j’ai traité de phacochère, soit dit en passant) car comme je le craignais, ma mère refuse de comprendre que ce n’est pas une crise passagère, parquons-le ! Ma mère adore ce mobile-home et rêve de le refaire à neuf alors si j’y arrive, je le lui achète, je les fous tous les 3 (bah oui, le chien avec) dedans et basta ! Enfin l’intimité tant souhaitée… Croisons les doigts donc pour que ça marche.

Ce qui est ironique dans l’histoire, c’est que lors de ma première visite du camping, j’avais flashé sur ce mobile-home car l’idée de tout refaire m’excitait. Puis j’ai renoncé au projet car les portes étant très étroites, le Gros Bébé n’aurait jamais pu aller aux toilettes.
La vie est parfois bien étrange.

Sinon, petite parenthèse (haha, je précise qu’il y a une parenthèse… Moi…) : sérieux, chercher des assiettes qui passent au micro-onde et qui ne soient pas trop moche, c’est comme la quête du Graal ! Mes assiettes en carton ont encore de beaux jours devant elles…

Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…

05/09/16

Comme je ne sais pas par où commencer, allons-y en vrac :

– L’opération s’est bien passée. J’ai un utérus tout propre maintenant. Je n’ai eu aucun soucis les deux jours qui ont suivi, comme si mon organisme attendait que je baisse ma garde pour se venger : Une semaine de crampes monstrueuses ! J’ai cru crever chaque nuit… Puis c’est passé d’un coup, comme c’était venu.

Le stress, d’après mon médecin…

– Dans deux semaines, je suis en vacances. Et surtout dans deux semaines, j’en ai enfin fini avec ce putain de standard ! Adieu les 5h de transport par jour, bonjour les 30 minutes de marche pour un travail intéressant et surtout UTILE !

– J’ai fait mes demandes de résiliations SNCF et RATP. C’était jouissif. Croisons les doigts pour qu’ils ne les contestent pas où qu’ils ne prétendent pas les avoir reçues trop tard…

– Je me suis acheté des robes et, truc de fou : je les mets !

– On est en septembre alors j’ai encore envie de tout changer chez moi. C’est maladif. Mais en même temps, mes assiettes ne passent pas au micro-onde, c’est ridicule ! Et que dire de cette étagère de salle de bain…

– J’ai reporté le séjour au Mont Noir. Je me dis que seule, je n’oserai pas visiter le coin et de toute façon, le formulaire de réservation en ligne était HS. En plus, je me demande si c’est vraiment raisonnable d’acheter un mobile-home. Il faut changer la porte du jardin à la maison et quelque chose me dit qu’on n’a pas encore vu tous les dégâts causés par les derniers vacanciers.

– Je songe me désinscrire de Facebook. La haine et l’agressivité chaque jour grandissante au sein de cette communauté me fait penser que je n’en fais tout bonnement pas partie. Et puis lire des posts et statuts bourrés de fautes, limite en phonétique et surtout à la conjugaison aléatoire me fait faire des fautes à moi aussi. C’est psychologiquement impossible.

– J’ai voulu ressortir la Wii pour une partie de Mario Kart et je me suis rendue compte que QI d’huître avait rendu la boite sans le jeu. Il faut que je revois ma notion du prêt…

– Les Sims ne m’amusent plus. Le 3ème opus est une usine à gaz (et CAW ne fonctionne plus) quant au 4ème, c’est clairement un jeu pour enfant. Il faut que je me trouve un nouveau jeu.

Ça craint d’être adulte…

Joie, oui mais…

Pendant mon arrêt de travail, j’ai écrit un long mail sur ma situation et mon ressenti que j’ai envoyé aux syndicats qui l’ont transféré au service social. Je l’ai aussi envoyé à l’un des membres de la CAP qui devrait normalement devenir aussi mon collègue de travail.
La CAP a eu lieu le 27 après-midi. A 22h, je recevais un sms pour m’annoncer que ça y est, c’est bon, j’ai ma mutation pour au plus tard le 1er septembre.
Autant dire que j’étais sur un petit nuage.
Le lendemain, les syndicats m’envoient un mail pour me prévenir que le service social va me convoquer pour accélérer la dite mutation. Je m’y rends mais c’est la douche froide : « Ah oui mais Lille peut dire ce qu’elle veut, ici on est à Paris : si Paris dit non, c’est non ! On ne déshabille pas comme ça l’Administration Centrale. On verra si on peut vous faire partir au mieux en janvier… Vous aurez rendez-vous avec le médecin la semaine prochaine pour voir si votre état nécessite vraiment cette mesure. »
Charmant. Et puis le fait qu’elle appelle mon chef toxique par son prénom (qui ne m’adresse plus la parole depuis mon retour) ne me dit rien qui vaille… Je renvois donc dans la foulée un sms à Lille expliquant le « si la sacro-sainte AC dit non… » qui me répond un ferme et définitif « FAUX ! »

Je m’attends donc à ce que Paris exige un report pendant que Lille exige un avancement. Ca promet du bon gros cafouillage.

De mon côté, j’ai bien l’intention de forcer le coup, de plomber un bon coup le chefaillon (faut penser aux collègues), de sortir la futur opération (rendez-vous demain avec le chirurgien), le traitement médical… Ca me fait un peu honte, mais j’ai vraiment moyennement apprécié cette briseuse d’ambiance d’assistante sociale.

Épuisement professionnel.

J’ai pris mon courage à deux mains, je suis allée chez le médecin et lui ai expliqué un peu mon cas. Résultat : épuisement professionnel et arrêt de 10 jours.

On en a profité pour parler du traitement qui ne semble pas avoir d’effet sur mes ovaires. Il trouve pourtant que physiquement, les changements sont là. Ma voix serait légèrement plus aiguë (déjà qu’on trouvait que j’avais une voix d’enfant au téléphone…) et mon visage s’affine. Moi qui déprimait un peu à l’idée de devoir y aller manuellement avec mes ovaires, ça m’a redonné un peu espoir.

Enfin tout ça pour dire que j’ai 10 jours de couette et oreiller intensif. Et que je reprends par une permanence de samedi. C’est naze.