Retour sur Facebook mais sous certaines conditions…

Le chéri de ma mère a râlé. Fort. Je ne peux pas me désinscrire de Facebook. Déjà, ces 2 semaines et demi de mutisme l’ont angoissé car il n’a pu avoir de mes nouvelles durant ses vacances. Résultat, je vais essayer de m’y remettre petit à petit.

C’est dingue comme en 2 semaines j’ai pu passer à autre chose et m’en désintéresser complètement.

Je vais donc faire un tri dans les pages que je suivais. Tout comme je vais faire un tri dans mes « amis ». Il y a surtout ces 2 nanas que je garde plus ou moins par obligation morale. Deux rescapées de l’avant 2005 qui avaient repris contact avec moi via Facebook. J’avais accepté leurs invitations plus par politesse que par envie et aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai été bien bête.

La 1ère, je l’ai connue au collège. Nous étions déjà très différentes l’une de l’autre à l’époque et l’écart s’est creusé encore un peu plus d’années en années. Pendant que je me bats pour avoir une vie professionnelle tranquille et épanouie, elle mène une vie de mère au foyer aux multiples géniteurs et arrondit ses fins de mois en faisant se reproduire ses chiens de race. Pendant que je milite contre l’abrutissement du pays, elle regarde le Mad Mag. Pendant que je m’insurge contre la situation des migrants et cherche un moyen de me rendre utile, elle partage sur Facebook des statuts accusant ces mêmes migrants de tous les maux du pays…

Je pleure le socialisme d’antan, elle vote FN.

La 2nde vient du lycée. Elle m’a recontactée après un grave problème de santé et a tout de suite joué la carte du « tout le monde me lâche ». Alors évidemment, j’ai eu pitié. Sauf qu’à force d’être systématiquement abordée sur Messenger pour lire des monologues sur ses aventures de sites de rencontres, son logement social obtenu en 15 jours alors que j’ai subit pendant 2 ans des appels de familles pleurant qu’elles attendaient un logement depuis plus de 10 ans et autres demandes d’allocations pour adultes handicapés à passé minuit… La pitié a pris du plomb dans l’aile.

Alors oui, c’est triste qu’elle ai eu des problèmes de santé, c’est triste que son mec l’ai jetée pour ne pas avoir à jouer les infirmiers tout comme la plupart de ses amis mais en quoi je suis obligée, moi, de subir tout ça ?

Ce sont deux nanas (amies d’ailleurs, enfin je ne sais pas si elles le sont encore et je m’en fiche un peu en fait) avec qui je n’ai plus aucun atome crochu. Je ne dis pas que ma vie est mieux que la leur. Après tout, la 1ère a fondé une famille, la 2nde a les moyens d’avoir un logement pour elle seule alors que je suis célibataire et que j’ai choisi de rester vivre avec ma mère plutôt que d’avoir une inconnue pour colocataire. Mais je n’éprouve pas le besoin d’accuser des gens qui ont du fuir leur pays en guerre d’être responsables de mes malheurs et je ne vis pas d’allocations.

Alors pour faire plaisir au chéri de ma mère, pour le rassurer, pour qu’il puisse vérifier mon statut durant sa pause clope et s’assurer que je suis toujours en vie, je vais retourner sur Facebook. Mais pour que ça ne redevienne pas une corvée, pour que je n’ai plus honte de ce que je lis et pour que Messenger ne me saute pas dessus à peine connectée, je vais me faire violence et virer ces deux boulets.

J’ai vraiment la sensation d’être devenue une autre personne en 2005. Meilleure ou non, je n’en sais rien mais je ne regrette vraiment pas ma vie d’avant.

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