On compense comme on peut/veut…

J’ai été une vilaine fille : Je me suis commandé un nouveau téléphone hyper cher comparé à mon budget habituel. Bon. Je l’ai commandé en Chine donc 100€ moins cher mais rien que l’idée que la « petite ristourne » soit aussi élevée me fait honte. Jusqu’à aujourd’hui, mes téléphones n’ont jamais coûté plus de 100€ !

Non, vraiment, je me fais honte.

Au départ, je m’étais connectée pour me commander un nouvel ordinateur portable, Vinny le précédent ayant été « vendu » pour 70€ à la fille du phacochère. Je n’en avais pas envie mais on ne peut pas dire qu’on m’ait vraiment demandé mon avis.

Entre ma mère : « Il ne te sert plus à rien maintenant que tu ne travailles plus à Paris. Je suis sûre que tu ne l’as plus allumé une seule fois depuis que tu ne prends plus le train. Que elle, seule dans son camion, sans ordinateur elle ne peut plus regarder de séries… Le garder serait un caprice et 70€ pour un petit portable d’occasion, tu t’en sors rudement bien… » S’en est suivi la promesse de récupérer une Surface Pro (une belle merde cette machine) pour laquelle j’ai vraiment, vraiment du batailler pour avoir le droit de le lui emprunter.

Et son phacochère répugnant : « Ah c’est terrible ! Ah elle n’a plus d’ordinateur ! Ah ! Ah ! Ah il lui en faut un vite ! Ah ! Et en plus elle a mal au ventre alors c’est urgent ! Ah et puis moi aussi j’ai mal au ventre du coup !»

C’est impressionnant comme les intestins de cette famille peuvent être pourris. Un peu comme leur âme : Au moindre truc qui ne va pas dans leur sens, ils ont mal au ventre. Et vas-y que le bobo au bidou phacochère est une affaire d’État ! Le monde s’arrête de tourner, les drapeaux sont en berne, le président réclame un silence monacal tout le temps que Môssieu est sur son trône…

J’ai donc cédé uniquement pour qu’ils la ferment. Mon ordinateur est parti en Corse avec promesse que je serai payée au prochain passage dans la région de la fille.

Ouais. Je serai payée.

Elle vient de passer, est depuis déjà repartie et… Payée ? Moi ? Que nenni.

J’ai eu le malheur d’y faire allusion en privée, c’est limite si on ne m’a pas aboyé dessus. Pourquoi je pensais à ça de toute façon !

La famille phacochère est la nouvelle sainte famille et je suis Judas.

Aujourd’hui, j’ai donc voulu me commander un ordinateur portable. Et puis finalement, je me suis dit que la Surface Pro, je n’étais pas là de la rendre. C’est une merde, c’est indéniable, mais c’est mon otage. Je m’en fiche des 70€. Je veux juste qu’on arrête de me prendre pour une imbécile qui n’a d’autre droit que de tout accepter en fermant sa gueule :

L’ordinateur portable à 70€ + une vieille Surface Pro ? J’ai du « voler » la SP et m’asseoir sur les 70€.
Mon ancien PC de bureau à 300€ ? Finalement, il n’avait pas de sous sur lui alors il a fait du troc : une TV de merde achetée chez électro dépôt et un nouveau lit… Ah bah tiens ! Pour ma mère et lui. Le mec m’a généreusement acheté mon ordinateur en s’offrant un lit. Et je dois dire merci.

Et s’il n’y avait que les histoires de sous…

Je suis fatiguée. Fatiguée de subir des escrocs, des pleurnicheurs, des ploucs sans aucune manière et d’avoir le mauvais rôle. Et quand j’ai annoncé que je souhaitais partir, prendre un appart et les libérer de ma présence de chieuse, on m’a fait culpabiliser comme jamais : Je rends ma mère malade, à cause de moi elle va devoir vendre la maison (la seule chose qu’elle aime au monde), je ne suis pas raisonnable, j’exagère tout, etc…

Rendez vous compte ! Dimanche, après être tombée dans les escaliers à cause de ses chaussures à lui et atterri dans la pisse de son chien à lui, je suis partie en claquant la porte. Je ne suis rentrée qu’une fois qu’elle avait enfin daigné lui demander de partir : C’est moi qui ai gâché le week-end de tout le monde ! J’ai tout le côté droit en ruine, je peux à peine appuyer sur mon poignet mais c’est à cause de moi que le week-end a été gâché.

Oui. Je suis fatiguée.

Et c’est en pensant à toute cette fatigue que je me suis dit « et bah merde ! Je me fais un caprice. »

Publicités

Le week-end a été éprouvant mais finalement très positif…

Il y a une dizaine de jours, d’anciens voisins étaient passés à l’appartement. On avait parlé du chalet et de mon souhait de faire prochainement (dans un an) une extension de terrasse. Ils ont démarré au quart de tour : « Alors il faudra la faire comme ci, comme ça, avec tel type de bois traité mais pas à entretenir, puis il serait intéressant de faire la balustrade comme l’actuelle et plutôt de 4m de long au lieu de 2m50 pour limiter les coupes, etc… » Le gars a fait celle de leur mobile-home sur la côte et est vraiment doué en menuiserie.

La conversation avait été très enrichissante mais aussi très flippante. Je commençais à me dire que ça serait plutôt pour 2019 car pour une terrasse vraiment solide et durable, il allait falloir un budget important. Bon, le budget, je l’ai mais j’ai aussi une dent qui vient de casser et ma mutuelle est une merde. Bref, gros flippe.

Samedi matin, je suis donc allée les voir dans leur repère pour admirer/jalouser leur terrasse. Et lui de renchérir : « Dans tel dépôt, il y a tel bois mais pour telle partie, il faudrait plutôt des poutres venant de tel autre dépôt pas très loin de ton chalet. Et puis après réflexion, il faudrait quand même prendre du plancher de catégorie 4 pour éviter qu’il ne devienne glissant… »

Je prenais sagement des notes, songeant que, ouh là, plutôt 2020 puis il a ajouté : « Lundi je vais chercher le matos et je te la commence mardi. On devrait s’en tirer pour 700 € ».

Hein ? Quoi ? CE mardi ?

C’est là que j’ai compris que chez lui, le conditionnel est en fait une forme de futur… Proche. Très proche.

Là, on peut dire que j’étais sur mon petit nuage. Puis ça a commencé à se gâter quand le gros bébé est arrivé avec son chien en tirant la tronche parce qu’il n’aime pas mes poseurs de terrasse. Et quand il n’aime pas quelqu’un, il sait se monter particulièrement mal élevé.

En même pas 5 minutes, il m’avait abandonné son chien (un peu comme ces parents qui considèrent que c’est la personne qu’ils visitent qui doit s’occuper de leurs mioches) et il était parti chercher un truc dans son coffre. Ça lui a pris 30 minutes.

« Oui, mais il faut le comprendre » qu’elle me dit ma mère « il n’est pas à l’aise, il ne sait pas quoi faire de sa couenne… » Bah, déjà, il apprend les bases de la politesse, ça ne serait pas mal. Et quand on a la flemme de s’en occuper, on ne prend pas de chien.

A table, il n’a pas décroché un mot. Il s’est même éclipsé avant le dessert et il a fallu le rappeler 2 fois pour qu’il daigne revenir. Mes voisins étaient consternés et ont même fait remarqué à ma mère qu’il se comportait comme un ado capricieux.

Lorsque les voisins se sont mis en route, il n’a même pas daigné les raccompagner à leur voiture avec nous pour les saluer, préférant rester dans le chalet.

Et c’est là au retour, que j’ai eu envie de gerber : il était avachi sur une de MES chaises, sur MA mini terrasse, le ventre à moitié à l’air, les pompes à moitié défaites, tirant une gueule de six pieds de long avec son chien attaché à la rampe d’escalier. J’ai eu honte. Affreusement honte. Honte de lui, de son comportement, du spectacle qu’il offrait. Mais surtout honte de moi qui le laissait faire. Honte de n’avoir jamais moufté durant toutes ces années, honte de l’avoir laissé jouer les petits chefs de famille, d’avoir pris possession des lieux, tant à la maison qu’à l’appartement et quand je l’ai vu devant mon petit chalet, toujours aussi lamentable, j’ai eu honte d’avoir été soumise et docile.

Alors j’ai eu une idée de garce : Le laisser en freestyle tout le week-end, bien blaireau, bien connard : en fin d’après-midi, il s’est installé en plein milieu du canapé avec son chien qui mordillait un coussin et j’ai laissé faire sans rien dire, juste en prenant une photo. Au dîner, je n’ai pas essayé de l’empêcher de prendre « la place du maître » en bout de table pour présider le repas. Je n’ai pas râlé lorsqu’il a roté, je n’ai même pas rappelé qu’un enfant bien élevé se serait excusé comme je fais d’habitude. Le lendemain matin, j’ai fait celle qui n’avait pas remarqué qu’il s’était servi un café sans rien demander, ni s’il pouvait, ni si quelqu’un en voulait un aussi, bien individualiste et bien mal élevé.

J’avais prévu lors de la route du retour, puisqu’on était à 2 voitures, de profiter que ma mère serait coincée au volant pour lui annoncer que je ne voulais plus de lui chez moi. Je ne l’interdit pas à la maison où je ne veux plus aller ni à l’appartement où je traîne à rentrer après le boulot quand il est là car après tout, ça n’est pas chez moi. Je ne lui ferai pas l’injure d’exiger qu’il ne mette plus jamais les pieds chez elle comme sa fille à lui a fait avec ma mère mais chez moi, rien ne m’oblige à le subir.

Finalement, la conversation a eu lieu plus tôt car il a fallu sortir le chien et qu’il avait « mal aux jambes ». S’il savait, ce gros porc débile, que sa fainéantise m’a permis de régler mes comptes… Et ce, de façon un peu vulgaire (j’ai dit clairement que je ne la jugeais pas pour son goût à se faire sauter par un ado attardé lâche et mal élevé mais que je n’avais pas à en payer les conséquences)

J’ignore si ma mère m’a pris au sérieux, si elle va prendre mon souhait en compte ou si elle part du principe que c’est une cricrise éphémère et qu’elle pourra me l’imposer encore. Ces derniers temps, plus je tentais de lui expliquer que je ne le supportais plus et plus elle me l’imposait, plus elle faisait en sorte que je lui soit redevable et plus elle insistait sur le fait soit disant des efforts, qu’il est attentionné avec moi… Bref, que je suis la méchante dans l’histoire. Tout ce qu’elle obtient, c’est que je suis prête aujourd’hui à partir vivre ailleurs et à couper tout contact avec elle si c’est le prix à payer pour ne plus le souffrir. Je ne lui ferai jamais le coup du « c’est lui ou moi ». J’ai choisi pour elle.

Après tout, c’est moi le problème dans l’histoire. Pas lui.

Plus qu’une semaine…

Faisons un point rapide. Oui, je vais (il le faut) me mettre aux points rapides pour éviter de laisser ce blog en désuétude comme cet automne… Faisons donc un point rapide :

  • J’ai reçu samedi une relance des pompes funèbres car ils n’avaient pas été payés. Ils avaient le chèque sur le bureau mais n’osaient pas l’encaisser car il représentait la totalité alors qu’ils sont habitués à être payés par petits bouts. Qui c’est qui a flippé tout le week-end à se demander où ce fichu chèque avait bien pu passer ? Et oui…
  • J’attendais que ce chèque soit encaissé pour faire un point sur mes finances et, si possible, mettre des sous de côté. Du coup, ça m’a un peu gonflé et je viens de basculer plein de sous sur mon livret A (cagnotte mobile-home).
  • Plein parce que 1, j’ai vécu comme un moine depuis fin octobre et 2, soit j’ai eu une prime, soit mon boulot s’est raté mais il m’a versé 1000€ de trop. Le temps qu’ils réagissent et me les réclament à grands renforts de menaces et d’accusations (ils font ça souvent pour masquer leurs boulettes), les sous vont me faire 1 ou 2 centimes d’intérêts. C’est toujours ça.
  • Et puis comme le compte est encore au vert (quand je vous dis que j’ai vécu comme un moine) j’en ai profité pour me commander des collants noirs opaques pour pouvoir mettre des robes cet hiver. Parce qu’en ce moment, c’est leggins + bottes et faire la route le matin avec des talons, ça me tente moyen… Donc qui dit collants dit retour des chaussures plates et ça, c’est beaucoup plus dans mes cordes.
  • Oui bon ok, c’est surtout que j’ai eu pour noël un super manteau et que les baskets, ce n’est pas terrible avec. Quoi que la paire dépareillée ? Faudra que je tente demain.
  • Au fait, ça existe encore les fuseaux ?
  • En ce moment, je mange tous les midis avec 2 de mes chefs. On papote à mort, on refait le monde, on compare nos casseroles… On est vraiment loin de l’ambiance parisienne !
  • Une « nouvelle » boutique a ouvert dans le centre commercial près de chez moi. Enfin nouvelle… Ça fait tellement longtemps que je n’y étais pas allée que si ça tombe, ça fait 2 ans qu’elle existe. Enfin. J’y suis passée vite fait la semaine dernière pour acheter du papier cadeau (la fille qui a fait TOUS ses achats de noël en novembre et qui doit courir dans la cohue des retardataires parce qu’elle a oublié le papier cadeau…) et j’ai découvert un stock de notes adhésives que je n’avais pas : Il y en a des tonnes ! Je sens qu’il va falloir trouver une boite plus grande pour ma collection…
  • J’avais dit quoi au fait ? Point… Rapide ?

Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…

Avec le Voilier bleu, le village a perdu sa dernière note de fantaisie…

Dimanche, je suis allée faire un tour dans le village de mon enfance. Enfin disons qu’on m’a envoyée chercher des vis dans une boutique fermée, que j’ai du coup tenté le coup un peu plus loin dans une autre qui n’avait rien en stock pour finir dans le supermarché aux caissières mal-aimables (le « beau-père » fini toujours par se prendre de tête avec elles) beaucoup plus loin dans le village voisin.

J’en ai du coup profité pour passer dans des rues que je ne visite jamais. Surtout que je venais de découvrir que Le voilier bleu, la boutique de jouets et cadeaux souvenirs affreux de mon enfance (ainsi que de celle de ma mère) avait définitivement fermé alors j’avais besoin de me changer les idées. Tout le monde autour de moi sait à quel point les maisons abandonnées me dépriment. Chaque fois que j’en vois une, j’ai envie de lui faire un gros câlin, de lui dire que les choses vont s’arranger. Chaque fois, j’ai envie d’épouser une très vieux politicien véreux presque mort ou presque en taule pour dépenser tout son argent détourné en achats et rénovations de vieilles maisons.

Mauvaise idée. Très mauvaise idée, cette balade…

Rue Louis Gallet, je tombe sur une première maison aux volets fermés depuis longtemps et dont le jardin de l’entrée sert visiblement de décharge sauvage aux voisins.

Rue Georges Pompidou, c’est pire ! Je me retrouve nez à nez avec feu l’hôtel Carlton abandonné depuis tellement longtemps que l’étrange vieille madame qui va nager dans la mer tout l’hiver (avec une combi ! Quand même…) ne se souvient pas de l’avoir vu ouvert. En face, une maison a été rasée, ne laissant plus qu’un terrain désolé couvert d’herbe à vache.

Un peu plus loin dans la même rue, la maison de cette famille chelou dont un des fils était dans ma classe en primaire, volets branlants et parpaings à nu me fait toujours autant flipper.

Au passage à niveau, l’ancienne maison de garde-barrière montre de sérieux signe de faiblesse face à l’humidité. Même la notre n’a jamais été dans un état si critique lorsque l’arbre avait poussé dans la toiture.

Une fois passée dans le village voisin, je me dis que les choses vont mieux se passer. Un des « plus grands village de France », un des plus importants et plus prospères qu’on m’a raconté… Des clous, oui ! Rien que dans l’entrée de la rue de la gare, je tombe sur 3 maisons quasi à l’abandon.

Je me retrouve alors avec 2 possibilités : La route ordinaire ou le petit chemin en pente où je me suis pété une épaule en y faisant de la luge un jour de verglas. J’ai percuté de plein fouet la barrière en bas, fait un joli salto avant et fini sur le capot d’un pick-up. J’adore les pick-up !

Passons.

De mon carrefour, la première chose que je vois de la grande route, c’est le QG des chats errants : Un bâtiment muré, ancien fournisseur de tissus d’ameublement et autres papiers peints. Alors je prends direction le petit chemin pour découvrir 2 maisons à vendre depuis tellement longtemps que la végétations les cachent complètement et débordent sur les trottoirs. Dans le jardin de l’une d’elles, on voit même les restes des travaux de plomberie et les gravats de l’ancienne terrasse. Pas là d’être vendue.

Je descends jusqu’à la maison du prof de latin pour découvrir que si l’intérieur de la véranda semble relativement sain, le jardin est visiblement en friche. On ne voit même plus les superbes rosiers qui me faisaient rêver. La maison d’à côté ressemble à la décharge d’un installateur de salles de bain mais d’aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été le cas.

Autant dire qu’une fois sortie du supermarché (après que la caissière ai fait passer 3 de ses amis devant moi) j’ai fait au plus court en regardant les trottoirs défoncés : Chemin, gare et rue (avec cette grande villa en indivision aux 2 tiers abandonnée) qui descend directement jusqu’à chez moi. Tout ça pour qu’on m’annonce que finalement, on n’avait pas besoin de ces vis…

Cette balade m’a travaillé toute la semaine.

Je n’ai pas un très bon souvenir de ma vie là-bas. Le paysage est magnifique, le climat plutôt doux, l’architecture intéressante quand elle n’est pas abandonnée mais ma mentalité est totalement incompatible à celle des autochtones. Durant des années je n’y ai plus mis un pied. Jusqu’à ce jour où il a fallu sauver un chat enfermé depuis 3 jours dans ma chambre d’enfant et qui hurlait à la mort sur l’appui de fenêtre.

Les années ont passé, le chat fait du gras, nous avons fait de gros travaux dans la maison et je commence enfin, au bout de 30 ans, à me sentir chez moi dans cette étrange bicoque en pierre. Avec le temps, j’ai appris à ignorer ostensiblement les gens autour et n’en reconnais de toute façon plus beaucoup. Je reprends plaisir à traîner à la plage… En bref, les week-ends ne sont plus un calvaire.

Seulement cette ville à moitié à l’abandon me déprime quand-même pas mal. Mais que faire ? Je ne peux bien évidemment pas acheter toutes ces ruines. Nous avons déjà assez de mal à entretenir la notre (qui n’a vraiment plus à avoir honte, comparée aux autres) dont les portes et fenêtres réclament leur départ en retraite. Mais je veux redonner le sourire à ces rues. J’ai donc besoin de quelque chose de ludique et pas trop cher. Surtout que je doute fort que les riverains apprécient une telle campagne.

Mon premier choix s’était porté sur des petits mots doux accrochés ici et là sur les arbres qui débordent sur les trottoirs, des poteaux, etc… Mais nous sommes en automne et j’ai peur que les cartons ne vivent pas longtemps.

Et puis j’ai repensé à l’opération désherbage du jardin. Il est, comme tout le village, envahi de chiendent. Une catastrophe. Rien ne pousse dans ce jardin à part mes vieux lilas, un figuier venu de je ne sais où et quantité de chiendent. Pas de pelouse, pas de pâturin, rien de tout ça, non. Juste du chiendent. Pour traîner à pieds nus, c’est juste l’horreur.

Lors des séances d’arrachage de ce sale petit fumier de chiendent, je ramasse tous les petits cailloux que je croise pour les mettre aux pieds des lilas et tenter de limiter la pousse de mauvaises herbes.

Mais… Et si je gardais plutôt ces cailloux pour les peindre de couleurs flashy et les disperser dans les rues ? De petites notes de couleurs aux pieds des ruines…

Je pense que j’ai trouvé mon activité manuelle de cet hiver.

Comme un léger choc des cultures…

La nana qui vient faire sa lessive gratos chez nous parce que la laverie automatique coûte trop cher nous raconte qu’elle n’a pas les moyens de se payer une machine à laver… Le tout en jouant avec son I-Phone pour nous montrer ses vacances (2 fois par an) en Algérie où elle pose fièrement en Stan Smith.

Je n’ai pas voyagé depuis 2013 (la fois précédente, c’était en 2001), j’ai un téléphone chinois premier prix et j’achète mes chaussures chez le soldeur du coin. Cherchez l’erreur… Indice : A côté de mon panier à linge en plastique se trouve le sien, un sac de voyage Vuitton.

Je lui donnerais bien quelques conseils pour finir le mois, mais j’ai peur de devenir grossière.

Je ne comprendrai jamais ce monde où il est plus important de porter des chaussures de marque que de vivre dignement.

Enfin heureusement, il me reste Patsy Cline…

Aujourd’hui – quelle folie m’a pris – j’ai décidé qu’il était temps de faire du propre dans ma musique. Virer ce que je n’écoute jamais, étoffer ce que j’écoute, assumer de garder des trucs gnangnan, faire mes adieux à ces morceaux que je garde amoureusement pour les zapper à chaque fois…

Mais comment m’y prendre ? Il y a quand même dans les 10.000 morceaux. Trier dossier par dossier ? Ou bien noter les artistes qui me plaisent vraiment et tout virer pour faire balle neuve ? Oui, mais si je n’arrive pas à tout retrouver ? J’ai bien découvert cette semaine que bon nombre de mes boîtiers de CD étaient vides, y compris des EP reçus cérémonieusement dans des vapeurs douteuses des mains des artistes eux-même. Merde quoi ! Je n’ai plus mon CD de Queen of Yogourt ! J’imagine déjà ce qu’on va me répondre : « Tu as du jeter ta chaîne hi-fi avec les CD encore dedans… »

On va dire ça. Bon, j’ai acheté les CD de Thomas Fersen après avoir jeté la dite chaîne hi-fi mais… On va dire ça.

The Queen of Yogourt, quand même…

Et puis qui, à part moi écoute encore Amélie les Crayons, 15 rue Corneille, etc… ?