L’art de la solitude ou l’envie d’un cupcake.

J’ai très vite appris le sens du mot solitude. Des grands-parents paternels qui s’en prenaient constamment à moi pour atteindre ma mère, des « camarades » de classe dressés par leurs parents à m’insulter car étrangère (le département voisin, c’est le bout du monde !) ou encore une place d’éternelle suivante (« on s’occupe de toi après », « attends un peu », « non mais ce n’est pas grave, elle comprendra »)… Toutes ces choses m’ont enseigné très tôt à être seule.

Alors quand maintenant on vient me faire chier parce que je ne suis pas hyper super méga trop heureuse de passer ma vie littéralement envahie par tout le monde et surtout n’importe qui, vous m’excuserez, mais ça frise l’insolence !

Bref.

Tout ça pour dire que j’ai apprivoisé la solitude. Je pense même avoir appris à l’aimer. Elle ne me lâche jamais, est toujours fidèle au poste, ne me met jamais de côté au profit d’un clampin lambda et de son nombril… La solitude et moi, nous formons un peu un vieux couple qui ne doute plus depuis longtemps de la fidélité et de l’affection de l’autre.

Sauf que la solitude a tout de même ses limites : elle n’est pas très loquace et est surtout casanière. Si à 25 ans, aller seule au cinéma ne me posait pas de problème, j’avoue que 10 ans plus tard, ça commence à coincer. Non pas que je me trouve trop vieille pour sortir seule, mais je ne me sens plus la force d’affronter le mépris clairement manifesté à mon égard des gens qui me jugent trop grosse ou pas dans le style adéquat pour avoir le droit d’exister dans leur environnement.

J’ai eu le malheur d’entrer chez Zing à Euralille. Les clients m’ont traitée comme la dernière des merdes, me poussant, me jaugeant en ricanant jusqu’à ce que je quitte le magasin. Autant dire que je n’y mettrai plus les pieds, uniquement à cause de la clientèle. Même chose pour Sugar Kiss Cupcake où je n’ai même pas pu passer le cap de la porte d’entrée, bloquée par deux nanas qui s’étaient improvisées videurs de nightclub ! Visiblement, je n’avais pas le look pour mériter d’entrer. C’est peut-être une boutique très bien, mais je n’ai pas le droit de le savoir.

Comme c’est un problème voué à se généraliser (la personne seule donc fragile doit mourir pour le confort de la meute en face) je me retrouve face à un dilemme. Que faire ? Car j’ai vraiment envie de manger un cupcake, d’aller au bar à chiens ou encore de changer de sac-à-main :

1, me rebeller ? Leur dire d’aller se faire foutre, clamer haut et fort que les solitaires ont le droit d’exister, même s’ils sont gros et ont des goûts vestimentaires discutables ? Pour ma défense, je tiens à préciser que JAMAIS la Fashion Police n’a eu besoin de faire une descente dans mon dressing. Que vous autres, les nanas bien dans votre peau, on en parle des leggings galaxie et des tops Rihanna/moustache ? À votre place, je ne ferais pas la fière…

2, trouver une autre âme en peine désireuse d’exister malgré tout et de découvrir ce que sa ville a à lui proposer ? Car c’est quand-même dommage : Combien sommes-nous dans cette ville à nous contenter du vital (aller bosser, faire une ou deux courses, rentrer) parce que notre individualité est jugée inacceptable par les meutes ?

On va me dire que je n’ai qu’à faire les boutiques en ligne et payer ma tranquillité en frais de port… Mais aussi solitaire que je puisse être devenue, j’ai quand-même parfois cette faiblesse d’avoir besoin de constater que je ne suis pas totalement isolée, qu’il existe encore un monde dehors et que j’ai encore le droit d’y exister. Suis-je à ce point abjecte que ma présence incommode le monde ? Suis-je à ce point répugnante que le simple fait de savoir que je vais peut-être acheter le même produit que vous va vous contaminer à tout jamais ? Depuis quand être seule est-il devenu un crime ?

Je crois que j’ai vraiment raté un épisode dans l’évolution de notre société…

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Toute une vie format A5

Je suis la parfaite synthèse de mes ancêtres. C’est un peu comme si tout ce qui me caractérisait étaient les détails de ma mère (sa passion des fournitures de bureau, les listes et la vaisselle), de ma grand-mère (le besoin d’avoir des réserves, le crucifix planqué dans la maison) et de mon arrière grand-mère (chocolat!). J’ai même hérité des auriculaires crochues de l’arrière arrière grand-tante Marie-Louise.

Et de son auto-portrait au fusain.

Je suis donc devenue une créature obsédée par les stocks, la trousse optimale, l’agenda efficace… Aux doigts crochus. Je fais des tonnes de listes pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi), je planifie tout et me tords de douleur quand je constate que mon activité n’est pas « utile ».

Les planificateurs sont donc apparus comme la solution parfaite : un agenda, des pages pour écrire, d’autres pour faire des listes, dessiner… Mais voilà : A l’instar de la trousse optimale, concevoir le planificateur parfait est bien plus compliqué que je ne l’aurais cru. Avant même de parler du type de feuilles ou des signets, notes adhésives, etc… le choix du planificateur en lui-même est un casse-tête. Je viens de recevoir mon troisième.

Le premier est affreusement gros et prend toute la place dans mon sac à main. Sans compter son poids ! Il a de gros avantages et j’adore sa couleur mais son aspect matelas indestructible (va te faire… Newton!) ne justifie pas que je me déboîte l’épaule.

Le deuxième a l’avantage d’être plus fin, donc plus léger et surtout d’avoir une clef USB dans le fermoir. Seulement ses anneaux sont tellement fins qu’à peine on y a mis 5 intercalaires que le planificateur est plein. Alors oui, il prend moins de place dans le sac, mais quel intérêt si je ne peux rien mettre dedans ? Ceci dit, il m’est très utile au bureau pour les formules de calcul d’antan (qu’on a ressorti car le logiciel de travail est une daube) et autres infos glanées ici et là sur le réseau routier.

Le premier ne va pas non plus prendre sa retraite. Je dois me faire une raison : Pour l’intégrité de mon épaule, je ne peux pas avoir toute ma vie dans un seul planificateur. Je dois faire un choix et séparer les données indispensables (agenda, anniversaires, listes, carnet à saccager) de celles qui peuvent rester à l’appartement (guide de tailles de vêtements et bijoux, astuces de jeux…) voire même avoir un carnet au chalet pour le calendrier du jardin.

Et une fois je serai enfin au point là dessus, je pourrai m’attaquer à la trousse.

Pas facile d’être la petite dernière d’une longue lignée de flamandes siphonnées !

On compense comme on peut/veut…

J’ai été une vilaine fille : Je me suis commandé un nouveau téléphone hyper cher comparé à mon budget habituel. Bon. Je l’ai commandé en Chine donc 100€ moins cher mais rien que l’idée que la « petite ristourne » soit aussi élevée me fait honte. Jusqu’à aujourd’hui, mes téléphones n’ont jamais coûté plus de 100€ !

Non, vraiment, je me fais honte.

Au départ, je m’étais connectée pour me commander un nouvel ordinateur portable, Vinny le précédent ayant été « vendu » pour 70€ à la fille du phacochère. Je n’en avais pas envie mais on ne peut pas dire qu’on m’ait vraiment demandé mon avis.

Entre ma mère : « Il ne te sert plus à rien maintenant que tu ne travailles plus à Paris. Je suis sûre que tu ne l’as plus allumé une seule fois depuis que tu ne prends plus le train. Que elle, seule dans son camion, sans ordinateur elle ne peut plus regarder de séries… Le garder serait un caprice et 70€ pour un petit portable d’occasion, tu t’en sors rudement bien… » S’en est suivi la promesse de récupérer une Surface Pro (une belle merde cette machine) pour laquelle j’ai vraiment, vraiment du batailler pour avoir le droit de le lui emprunter.

Et son phacochère répugnant : « Ah c’est terrible ! Ah elle n’a plus d’ordinateur ! Ah ! Ah ! Ah il lui en faut un vite ! Ah ! Et en plus elle a mal au ventre alors c’est urgent ! Ah et puis moi aussi j’ai mal au ventre du coup !»

C’est impressionnant comme les intestins de cette famille peuvent être pourris. Un peu comme leur âme : Au moindre truc qui ne va pas dans leur sens, ils ont mal au ventre. Et vas-y que le bobo au bidou phacochère est une affaire d’État ! Le monde s’arrête de tourner, les drapeaux sont en berne, le président réclame un silence monacal tout le temps que Môssieu est sur son trône…

J’ai donc cédé uniquement pour qu’ils la ferment. Mon ordinateur est parti en Corse avec promesse que je serai payée au prochain passage dans la région de la fille.

Ouais. Je serai payée.

Elle vient de passer, est depuis déjà repartie et… Payée ? Moi ? Que nenni.

J’ai eu le malheur d’y faire allusion en privée, c’est limite si on ne m’a pas aboyé dessus. Pourquoi je pensais à ça de toute façon !

La famille phacochère est la nouvelle sainte famille et je suis Judas.

Aujourd’hui, j’ai donc voulu me commander un ordinateur portable. Et puis finalement, je me suis dit que la Surface Pro, je n’étais pas là de la rendre. C’est une merde, c’est indéniable, mais c’est mon otage. Je m’en fiche des 70€. Je veux juste qu’on arrête de me prendre pour une imbécile qui n’a d’autre droit que de tout accepter en fermant sa gueule :

L’ordinateur portable à 70€ + une vieille Surface Pro ? J’ai du « voler » la SP et m’asseoir sur les 70€.
Mon ancien PC de bureau à 300€ ? Finalement, il n’avait pas de sous sur lui alors il a fait du troc : une TV de merde achetée chez électro dépôt et un nouveau lit… Ah bah tiens ! Pour ma mère et lui. Le mec m’a généreusement acheté mon ordinateur en s’offrant un lit. Et je dois dire merci.

Et s’il n’y avait que les histoires de sous…

Je suis fatiguée. Fatiguée de subir des escrocs, des pleurnicheurs, des ploucs sans aucune manière et d’avoir le mauvais rôle. Et quand j’ai annoncé que je souhaitais partir, prendre un appart et les libérer de ma présence de chieuse, on m’a fait culpabiliser comme jamais : Je rends ma mère malade, à cause de moi elle va devoir vendre la maison (la seule chose qu’elle aime au monde), je ne suis pas raisonnable, j’exagère tout, etc…

Rendez vous compte ! Dimanche, après être tombée dans les escaliers à cause de ses chaussures à lui et atterri dans la pisse de son chien à lui, je suis partie en claquant la porte. Je ne suis rentrée qu’une fois qu’elle avait enfin daigné lui demander de partir : C’est moi qui ai gâché le week-end de tout le monde ! J’ai tout le côté droit en ruine, je peux à peine appuyer sur mon poignet mais c’est à cause de moi que le week-end a été gâché.

Oui. Je suis fatiguée.

Et c’est en pensant à toute cette fatigue que je me suis dit « et bah merde ! Je me fais un caprice. »

On ne m’y reprendra pas 2 fois : Je parle chiffon !

Parce que chaque année, à l’arrivée de septembre j’ai cette envie de renouveau (sûrement un reste de la rentrée scolaire), je viens de faire un énorme trou dans ma penderie. J’ai commandé quelques nouvelles fringues, bien sûr mais pour 3 pantalons miteux jetés, j’en ai commandé un. Pour 10 tops recyclés en chiffons, j’en ai acheté 3. Quelque chose me dit que je vais avoir quelques petits problèmes de logistique…

Seulement je dois bien me rendre à l’évidence, je suis incapable d’acheter convenablement des fringues. Donc l’an prochain, le problème se représentera car le look sac à patates, ça va 5 minutes. Si une coach de dressing qui vient de recevoir la visite des fantômes des noëls Passé, Présent et Futur passe par là et cherche à remettre son karma dans le vert, je suis toute à elle !
Le seul vêtement que j’ai de potable étant mon manteau… Ah bah tiens : Offert !

Bref. Tout ça pour dire que je galère entre ma carrure de docker (merci les ovaires polykystiques!) et cette obsession des créateurs de fringues à vouloir « meubler la grosse ». Sérieux, quel est ce besoin limite malsain de remplir le tissu de motif ? J’hésite entre 2 scénarios.

Le 1er : « Oh bah tant d’espace inutilisé, ça serait dommage : collons une photo de Beyoncé sur ce bide de grosse. » Comme ça, avec le front tiré et déformé par les nibards, ça donnera un personnage de Mars Attack !

Le 2ème : « Ah ! Cachez donc derrière un imprimé léopard cette grosse que je ne saurais voir ! »

C’est con, mais j’ai un peu peur de savoir…

Au même titre que ces « parcs à grosses » dans les magasins où on entasse pêle-mêle les vêtements grande taille (Curve, c’est plus chic et plus Baleine friendly).

Mais c’est un autre débat… Et puis honnêtement, je vis mieux mon statut de grosse que celui de femme.

Passons.

Je me suis donc penchée sur les sites avec menu grande taille. Oui bon bah, ce n’est pas demain la veille qu’on ne fera plus la distinction entre femmes normales et grosses hommasses. Petit relent de rébellion, j’ai évité un maximum ces boutiques aux prix différents selon la taille.

Ça réduit pas mal le choix. Merci Bon Prix et Décathlon, bouh La Blanche Porte… De telles différences de prix, c’est limite insultant.

J’étais loin d’imaginer que refaire à neuf un dressing pouvait être si compliqué. Je me doutais que ça serait onéreux, -quoique pas tant que ça finalement- mais quelle galère !

Quelle taille ? 50 pour le bas et 52/54 pour le haut. Con : ils font soit du 50/52, soit du 54/56. Je les méprise.

Quelles matières ? Qui se lavent en machine et si possible ne connaissent pas le fer à repasser car depuis l’affaire de la nappe blanche de 5m de long sur 2m de large avec broderies faites à la main que j’ai eu la folle idée de repasser pour le réveillon de noël de 2008, mon fer sert de presse-fleurs… A même le sol du jardin !

Moulant ? Pas moulant ? Essaie de me faire porter un haut moulant et tu vas voir ce que je peux faire avec un mètre ruban, une baleine de soutif, une bottine en daim marron diarrhée, de la confiture de quetsches et ton anus !

Et pour la couleur ? Oh bah sobre : que je puisse me lâcher sur les chaussures.

Et justement en parlant de chaussures. J’ai énormément de mal avec la marque Desigual. Trop de motifs, trop de couleurs sur un même support… C’est un coup à faire une crise d’épilepsie rien qu’en passant devant la vitrine du magasin. Mais voilà que par curiosité je me suis inscrite sur vente-privée et voilà qu’ils avaient des promos sur les chaussures et que Oh ! Des baskets rose qui pique et d’autres violet oppressant ! Mes pieds aiment tellement rester discrets…

Ce n’est pas aujourd’hui que je vais devenir adulte…

Plus qu’une semaine…

Faisons un point rapide. Oui, je vais (il le faut) me mettre aux points rapides pour éviter de laisser ce blog en désuétude comme cet automne… Faisons donc un point rapide :

  • J’ai reçu samedi une relance des pompes funèbres car ils n’avaient pas été payés. Ils avaient le chèque sur le bureau mais n’osaient pas l’encaisser car il représentait la totalité alors qu’ils sont habitués à être payés par petits bouts. Qui c’est qui a flippé tout le week-end à se demander où ce fichu chèque avait bien pu passer ? Et oui…
  • J’attendais que ce chèque soit encaissé pour faire un point sur mes finances et, si possible, mettre des sous de côté. Du coup, ça m’a un peu gonflé et je viens de basculer plein de sous sur mon livret A (cagnotte mobile-home).
  • Plein parce que 1, j’ai vécu comme un moine depuis fin octobre et 2, soit j’ai eu une prime, soit mon boulot s’est raté mais il m’a versé 1000€ de trop. Le temps qu’ils réagissent et me les réclament à grands renforts de menaces et d’accusations (ils font ça souvent pour masquer leurs boulettes), les sous vont me faire 1 ou 2 centimes d’intérêts. C’est toujours ça.
  • Et puis comme le compte est encore au vert (quand je vous dis que j’ai vécu comme un moine) j’en ai profité pour me commander des collants noirs opaques pour pouvoir mettre des robes cet hiver. Parce qu’en ce moment, c’est leggins + bottes et faire la route le matin avec des talons, ça me tente moyen… Donc qui dit collants dit retour des chaussures plates et ça, c’est beaucoup plus dans mes cordes.
  • Oui bon ok, c’est surtout que j’ai eu pour noël un super manteau et que les baskets, ce n’est pas terrible avec. Quoi que la paire dépareillée ? Faudra que je tente demain.
  • Au fait, ça existe encore les fuseaux ?
  • En ce moment, je mange tous les midis avec 2 de mes chefs. On papote à mort, on refait le monde, on compare nos casseroles… On est vraiment loin de l’ambiance parisienne !
  • Une « nouvelle » boutique a ouvert dans le centre commercial près de chez moi. Enfin nouvelle… Ça fait tellement longtemps que je n’y étais pas allée que si ça tombe, ça fait 2 ans qu’elle existe. Enfin. J’y suis passée vite fait la semaine dernière pour acheter du papier cadeau (la fille qui a fait TOUS ses achats de noël en novembre et qui doit courir dans la cohue des retardataires parce qu’elle a oublié le papier cadeau…) et j’ai découvert un stock de notes adhésives que je n’avais pas : Il y en a des tonnes ! Je sens qu’il va falloir trouver une boite plus grande pour ma collection…
  • J’avais dit quoi au fait ? Point… Rapide ?

Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…

Retour sur Facebook mais sous certaines conditions…

Le chéri de ma mère a râlé. Fort. Je ne peux pas me désinscrire de Facebook. Déjà, ces 2 semaines et demi de mutisme l’ont angoissé car il n’a pu avoir de mes nouvelles durant ses vacances. Résultat, je vais essayer de m’y remettre petit à petit.

C’est dingue comme en 2 semaines j’ai pu passer à autre chose et m’en désintéresser complètement.

Je vais donc faire un tri dans les pages que je suivais. Tout comme je vais faire un tri dans mes « amis ». Il y a surtout ces 2 nanas que je garde plus ou moins par obligation morale. Deux rescapées de l’avant 2005 qui avaient repris contact avec moi via Facebook. J’avais accepté leurs invitations plus par politesse que par envie et aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai été bien bête.

La 1ère, je l’ai connue au collège. Nous étions déjà très différentes l’une de l’autre à l’époque et l’écart s’est creusé encore un peu plus d’années en années. Pendant que je me bats pour avoir une vie professionnelle tranquille et épanouie, elle mène une vie de mère au foyer aux multiples géniteurs et arrondit ses fins de mois en faisant se reproduire ses chiens de race. Pendant que je milite contre l’abrutissement du pays, elle regarde le Mad Mag. Pendant que je m’insurge contre la situation des migrants et cherche un moyen de me rendre utile, elle partage sur Facebook des statuts accusant ces mêmes migrants de tous les maux du pays…

Je pleure le socialisme d’antan, elle vote FN.

La 2nde vient du lycée. Elle m’a recontactée après un grave problème de santé et a tout de suite joué la carte du « tout le monde me lâche ». Alors évidemment, j’ai eu pitié. Sauf qu’à force d’être systématiquement abordée sur Messenger pour lire des monologues sur ses aventures de sites de rencontres, son logement social obtenu en 15 jours alors que j’ai subit pendant 2 ans des appels de familles pleurant qu’elles attendaient un logement depuis plus de 10 ans et autres demandes d’allocations pour adultes handicapés à passé minuit… La pitié a pris du plomb dans l’aile.

Alors oui, c’est triste qu’elle ai eu des problèmes de santé, c’est triste que son mec l’ai jetée pour ne pas avoir à jouer les infirmiers tout comme la plupart de ses amis mais en quoi je suis obligée, moi, de subir tout ça ?

Ce sont deux nanas (amies d’ailleurs, enfin je ne sais pas si elles le sont encore et je m’en fiche un peu en fait) avec qui je n’ai plus aucun atome crochu. Je ne dis pas que ma vie est mieux que la leur. Après tout, la 1ère a fondé une famille, la 2nde a les moyens d’avoir un logement pour elle seule alors que je suis célibataire et que j’ai choisi de rester vivre avec ma mère plutôt que d’avoir une inconnue pour colocataire. Mais je n’éprouve pas le besoin d’accuser des gens qui ont du fuir leur pays en guerre d’être responsables de mes malheurs et je ne vis pas d’allocations.

Alors pour faire plaisir au chéri de ma mère, pour le rassurer, pour qu’il puisse vérifier mon statut durant sa pause clope et s’assurer que je suis toujours en vie, je vais retourner sur Facebook. Mais pour que ça ne redevienne pas une corvée, pour que je n’ai plus honte de ce que je lis et pour que Messenger ne me saute pas dessus à peine connectée, je vais me faire violence et virer ces deux boulets.

J’ai vraiment la sensation d’être devenue une autre personne en 2005. Meilleure ou non, je n’en sais rien mais je ne regrette vraiment pas ma vie d’avant.