Plus qu’une semaine…

Faisons un point rapide. Oui, je vais (il le faut) me mettre aux points rapides pour éviter de laisser ce blog en désuétude comme cet automne… Faisons donc un point rapide :

  • J’ai reçu samedi une relance des pompes funèbres car ils n’avaient pas été payés. Ils avaient le chèque sur le bureau mais n’osaient pas l’encaisser car il représentait la totalité alors qu’ils sont habitués à être payés par petits bouts. Qui c’est qui a flippé tout le week-end à se demander où ce fichu chèque avait bien pu passer ? Et oui…
  • J’attendais que ce chèque soit encaissé pour faire un point sur mes finances et, si possible, mettre des sous de côté. Du coup, ça m’a un peu gonflé et je viens de basculer plein de sous sur mon livret A (cagnotte mobile-home).
  • Plein parce que 1, j’ai vécu comme un moine depuis fin octobre et 2, soit j’ai eu une prime, soit mon boulot s’est raté mais il m’a versé 1000€ de trop. Le temps qu’ils réagissent et me les réclament à grands renforts de menaces et d’accusations (ils font ça souvent pour masquer leurs boulettes), les sous vont me faire 1 ou 2 centimes d’intérêts. C’est toujours ça.
  • Et puis comme le compte est encore au vert (quand je vous dis que j’ai vécu comme un moine) j’en ai profité pour me commander des collants noirs opaques pour pouvoir mettre des robes cet hiver. Parce qu’en ce moment, c’est leggins + bottes et faire la route le matin avec des talons, ça me tente moyen… Donc qui dit collants dit retour des chaussures plates et ça, c’est beaucoup plus dans mes cordes.
  • Oui bon ok, c’est surtout que j’ai eu pour noël un super manteau et que les baskets, ce n’est pas terrible avec. Quoi que la paire dépareillée ? Faudra que je tente demain.
  • Au fait, ça existe encore les fuseaux ?
  • En ce moment, je mange tous les midis avec 2 de mes chefs. On papote à mort, on refait le monde, on compare nos casseroles… On est vraiment loin de l’ambiance parisienne !
  • Une « nouvelle » boutique a ouvert dans le centre commercial près de chez moi. Enfin nouvelle… Ça fait tellement longtemps que je n’y étais pas allée que si ça tombe, ça fait 2 ans qu’elle existe. Enfin. J’y suis passée vite fait la semaine dernière pour acheter du papier cadeau (la fille qui a fait TOUS ses achats de noël en novembre et qui doit courir dans la cohue des retardataires parce qu’elle a oublié le papier cadeau…) et j’ai découvert un stock de notes adhésives que je n’avais pas : Il y en a des tonnes ! Je sens qu’il va falloir trouver une boite plus grande pour ma collection…
  • J’avais dit quoi au fait ? Point… Rapide ?
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Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…

Avec le Voilier bleu, le village a perdu sa dernière note de fantaisie…

Dimanche, je suis allée faire un tour dans le village de mon enfance. Enfin disons qu’on m’a envoyée chercher des vis dans une boutique fermée, que j’ai du coup tenté le coup un peu plus loin dans une autre qui n’avait rien en stock pour finir dans le supermarché aux caissières mal-aimables (le « beau-père » fini toujours par se prendre de tête avec elles) beaucoup plus loin dans le village voisin.

J’en ai du coup profité pour passer dans des rues que je ne visite jamais. Surtout que je venais de découvrir que Le voilier bleu, la boutique de jouets et cadeaux souvenirs affreux de mon enfance (ainsi que de celle de ma mère) avait définitivement fermé alors j’avais besoin de me changer les idées. Tout le monde autour de moi sait à quel point les maisons abandonnées me dépriment. Chaque fois que j’en vois une, j’ai envie de lui faire un gros câlin, de lui dire que les choses vont s’arranger. Chaque fois, j’ai envie d’épouser une très vieux politicien véreux presque mort ou presque en taule pour dépenser tout son argent détourné en achats et rénovations de vieilles maisons.

Mauvaise idée. Très mauvaise idée, cette balade…

Rue Louis Gallet, je tombe sur une première maison aux volets fermés depuis longtemps et dont le jardin de l’entrée sert visiblement de décharge sauvage aux voisins.

Rue Georges Pompidou, c’est pire ! Je me retrouve nez à nez avec feu l’hôtel Carlton abandonné depuis tellement longtemps que l’étrange vieille madame qui va nager dans la mer tout l’hiver (avec une combi ! Quand même…) ne se souvient pas de l’avoir vu ouvert. En face, une maison a été rasée, ne laissant plus qu’un terrain désolé couvert d’herbe à vache.

Un peu plus loin dans la même rue, la maison de cette famille chelou dont un des fils était dans ma classe en primaire, volets branlants et parpaings à nu me fait toujours autant flipper.

Au passage à niveau, l’ancienne maison de garde-barrière montre de sérieux signe de faiblesse face à l’humidité. Même la notre n’a jamais été dans un état si critique lorsque l’arbre avait poussé dans la toiture.

Une fois passée dans le village voisin, je me dis que les choses vont mieux se passer. Un des « plus grands village de France », un des plus importants et plus prospères qu’on m’a raconté… Des clous, oui ! Rien que dans l’entrée de la rue de la gare, je tombe sur 3 maisons quasi à l’abandon.

Je me retrouve alors avec 2 possibilités : La route ordinaire ou le petit chemin en pente où je me suis pété une épaule en y faisant de la luge un jour de verglas. J’ai percuté de plein fouet la barrière en bas, fait un joli salto avant et fini sur le capot d’un pick-up. J’adore les pick-up !

Passons.

De mon carrefour, la première chose que je vois de la grande route, c’est le QG des chats errants : Un bâtiment muré, ancien fournisseur de tissus d’ameublement et autres papiers peints. Alors je prends direction le petit chemin pour découvrir 2 maisons à vendre depuis tellement longtemps que la végétations les cachent complètement et débordent sur les trottoirs. Dans le jardin de l’une d’elles, on voit même les restes des travaux de plomberie et les gravats de l’ancienne terrasse. Pas là d’être vendue.

Je descends jusqu’à la maison du prof de latin pour découvrir que si l’intérieur de la véranda semble relativement sain, le jardin est visiblement en friche. On ne voit même plus les superbes rosiers qui me faisaient rêver. La maison d’à côté ressemble à la décharge d’un installateur de salles de bain mais d’aussi loin que je me souvienne, ça a toujours été le cas.

Autant dire qu’une fois sortie du supermarché (après que la caissière ai fait passer 3 de ses amis devant moi) j’ai fait au plus court en regardant les trottoirs défoncés : Chemin, gare et rue (avec cette grande villa en indivision aux 2 tiers abandonnée) qui descend directement jusqu’à chez moi. Tout ça pour qu’on m’annonce que finalement, on n’avait pas besoin de ces vis…

Cette balade m’a travaillé toute la semaine.

Je n’ai pas un très bon souvenir de ma vie là-bas. Le paysage est magnifique, le climat plutôt doux, l’architecture intéressante quand elle n’est pas abandonnée mais ma mentalité est totalement incompatible à celle des autochtones. Durant des années je n’y ai plus mis un pied. Jusqu’à ce jour où il a fallu sauver un chat enfermé depuis 3 jours dans ma chambre d’enfant et qui hurlait à la mort sur l’appui de fenêtre.

Les années ont passé, le chat fait du gras, nous avons fait de gros travaux dans la maison et je commence enfin, au bout de 30 ans, à me sentir chez moi dans cette étrange bicoque en pierre. Avec le temps, j’ai appris à ignorer ostensiblement les gens autour et n’en reconnais de toute façon plus beaucoup. Je reprends plaisir à traîner à la plage… En bref, les week-ends ne sont plus un calvaire.

Seulement cette ville à moitié à l’abandon me déprime quand-même pas mal. Mais que faire ? Je ne peux bien évidemment pas acheter toutes ces ruines. Nous avons déjà assez de mal à entretenir la notre (qui n’a vraiment plus à avoir honte, comparée aux autres) dont les portes et fenêtres réclament leur départ en retraite. Mais je veux redonner le sourire à ces rues. J’ai donc besoin de quelque chose de ludique et pas trop cher. Surtout que je doute fort que les riverains apprécient une telle campagne.

Mon premier choix s’était porté sur des petits mots doux accrochés ici et là sur les arbres qui débordent sur les trottoirs, des poteaux, etc… Mais nous sommes en automne et j’ai peur que les cartons ne vivent pas longtemps.

Et puis j’ai repensé à l’opération désherbage du jardin. Il est, comme tout le village, envahi de chiendent. Une catastrophe. Rien ne pousse dans ce jardin à part mes vieux lilas, un figuier venu de je ne sais où et quantité de chiendent. Pas de pelouse, pas de pâturin, rien de tout ça, non. Juste du chiendent. Pour traîner à pieds nus, c’est juste l’horreur.

Lors des séances d’arrachage de ce sale petit fumier de chiendent, je ramasse tous les petits cailloux que je croise pour les mettre aux pieds des lilas et tenter de limiter la pousse de mauvaises herbes.

Mais… Et si je gardais plutôt ces cailloux pour les peindre de couleurs flashy et les disperser dans les rues ? De petites notes de couleurs aux pieds des ruines…

Je pense que j’ai trouvé mon activité manuelle de cet hiver.

Rien de tel qu’un magasin de bricolage pour renouer des liens…

Courant avril, j’étais tombée à la casse auto sur mon cousin J que je n’avais pas revu depuis des années. Au divorce de mes parents il y a 8 ans, il avait bien obéi à sa mère et choisi son camp. Choix qu’elle m’avait aussi demandé de faire et je l’avais froidement envoyée chier. Au final, il ne s’agissait pas de choisir lequel de mes parents je préférais et donc lequel je « gardais » mais de savoir si j’étais avec ou contre la famille de mon père. Le prix à payer pour être des leurs, alors qu’un an plus tôt je m’étais jurée de ne plus les subir étant bien évidemment ma mère.

J’ai répondu que je refusais de choisir un parent plutôt qu’un autre et la famille en a conclu que j’étais contre elle. Merde, si maintenant même les autruches ont des velléités de mafias…

 

Bref. Tout ça pour dire qu’en avril, lorsque J m’a abordé entre ma vitre de portière coincée et un type qui voulait me piquer mes rétroviseurs, non seulement je ne l’avais pas reconnu mais en plus, je me rendais compte que ces retrouvailles m’ennuyaient plus qu’autre chose. Si je ne suis pas de nature rancunière, si je préfère vite tourner la page pour ne pas me faire d’ulcère, me demander de renier ma mère sous peine d’être bannie de la famille ne peut pas se digérer si facilement. Alors quand un cousin qui passait pratiquement toutes ses soirées dans notre salon décide docilement du jour au lendemain de changer de trottoir plutôt que de nous saluer, autant dire que l’ai vite rayé de mon paysage. Je ne pouvais pas lui pardonner un tel affront, je ne voulais pas m’en rendre malade, la solution la plus simple était donc de l’oublier.

Autant dire que c’est lui qui a fait les questions et les réponses, que c’est lui qui a décidé de son propre chef de me parler de sa vie et que je ne lui ai pas raconté la mienne en retour. Ma mère était là, gloussant en silence dans la portière et racontant au mécano que c’était là ma plus belle interprétation de l’huitre mutique.

 

« Bon cette semaine je suis débordé parce que untel blablabla et unetelle blablabla mais il faudrait qu’on se revoit un de ces jours… »

Hum, hum… Que je lui ai répondu. Ce qui, en langage d’huitre mutique veut dire : cause toujours mon con.

 

Les mois ont passé, je n’ai pas eu de nouvelles et c’est très bien comme ça.

 

Ce week-end, brico-dépôt, rayon électricité, je tombe sur P un autre cousin. Oui, mon père est issu d’une famille nombreuse. Casquette vissée sur la tête, pantalon couvert de peinture, liste de courses dans la main, il me regarde et, comme si on s’était quitté la veille me sort en soupirant : « Je me suis encore planté sur le devis alors ça va être charrette. »

Je n’aurais pas du lui faire ses devoirs de maths quand on était gosse.

La dernière fois que j’avais eu de ses nouvelles, c’était par sa mère : « Bon là, je l’ai obligé à travailler chez Décathlon parce qu’il est hors de question qu’il reste à la maison sans travailler mais avec ses études, il trouvera un vrai travail. C’est très pointu ce qu’il a étudié tu sais, bien au delà de tes compétences… » (Les devoirs de maths, tante gourdasse… Les devoirs de maths…)

L’exemple type du parent qui fusille la carrière de son enfant avant même qu’elle ne commence en le poussant à faire des petits boulots alors qu’il n’est pas encore prêt pour le monde du travail. Bref.

 

Aujourd’hui, il vit en coloc pas très loin de chez moi (j’ignorais qu’il connaissait mon adresse) et faute d’avoir trouvé un « vrai travail » comme le dit si bien notre Chantal Goya familiale, paie sa part de loyer en faisant des travaux d’électricité. Et quand j’ai su ça, j’étais aux anges. Non pas parce qu’il n’a pas atteint les objectifs qu’il s’était fixé, qu’il n’a pas de logement à lui ni de boulot fixe, non, bien sûre que non. Mais quand il me racontait sa vie, il rayonnait. Il était là, bien dans ses baskets à me raconter qu’il alternait chantiers en ville l’hiver et chantiers sur la côte l’été pour profiter de la plage, qu’il habitait un bon quartier (sérieux le parc public dans sa rue !!!) et que franchement, bosser l’électricité lui plait vraiment… J’ai retrouvé le regard pétillant du garçon qui tentait avec moi de traverser la Manche en baignoire à voile, qui faisait avec moi de la luge sur la descente à bateau, qui m’engueulait parce que je n’avais pas su le dissuader de ne pas sauter du haut de la cage à poules, lui valant un bras cassé…

Et je me suis dit que sa mère devait être furieuse que son fils n’ai pas la carte de visite qui va bien, qu’il n’ai pas atteint les hautes sphères qu’elle nous avait prédit (en même temps, nous n’avons pas le bagage génétique pour ça) mais quelle importance ? Il est visiblement heureux !

 

Alors quand il m’a demandé mon numéro de téléphone, je n’ai pas fait comme avec cousin J et tante A : J’ai donné les numéro dans l’ordre et sans me faire prier…

Retour sur Facebook mais sous certaines conditions…

Le chéri de ma mère a râlé. Fort. Je ne peux pas me désinscrire de Facebook. Déjà, ces 2 semaines et demi de mutisme l’ont angoissé car il n’a pu avoir de mes nouvelles durant ses vacances. Résultat, je vais essayer de m’y remettre petit à petit.

C’est dingue comme en 2 semaines j’ai pu passer à autre chose et m’en désintéresser complètement.

Je vais donc faire un tri dans les pages que je suivais. Tout comme je vais faire un tri dans mes « amis ». Il y a surtout ces 2 nanas que je garde plus ou moins par obligation morale. Deux rescapées de l’avant 2005 qui avaient repris contact avec moi via Facebook. J’avais accepté leurs invitations plus par politesse que par envie et aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai été bien bête.

La 1ère, je l’ai connue au collège. Nous étions déjà très différentes l’une de l’autre à l’époque et l’écart s’est creusé encore un peu plus d’années en années. Pendant que je me bats pour avoir une vie professionnelle tranquille et épanouie, elle mène une vie de mère au foyer aux multiples géniteurs et arrondit ses fins de mois en faisant se reproduire ses chiens de race. Pendant que je milite contre l’abrutissement du pays, elle regarde le Mad Mag. Pendant que je m’insurge contre la situation des migrants et cherche un moyen de me rendre utile, elle partage sur Facebook des statuts accusant ces mêmes migrants de tous les maux du pays…

Je pleure le socialisme d’antan, elle vote FN.

La 2nde vient du lycée. Elle m’a recontactée après un grave problème de santé et a tout de suite joué la carte du « tout le monde me lâche ». Alors évidemment, j’ai eu pitié. Sauf qu’à force d’être systématiquement abordée sur Messenger pour lire des monologues sur ses aventures de sites de rencontres, son logement social obtenu en 15 jours alors que j’ai subit pendant 2 ans des appels de familles pleurant qu’elles attendaient un logement depuis plus de 10 ans et autres demandes d’allocations pour adultes handicapés à passé minuit… La pitié a pris du plomb dans l’aile.

Alors oui, c’est triste qu’elle ai eu des problèmes de santé, c’est triste que son mec l’ai jetée pour ne pas avoir à jouer les infirmiers tout comme la plupart de ses amis mais en quoi je suis obligée, moi, de subir tout ça ?

Ce sont deux nanas (amies d’ailleurs, enfin je ne sais pas si elles le sont encore et je m’en fiche un peu en fait) avec qui je n’ai plus aucun atome crochu. Je ne dis pas que ma vie est mieux que la leur. Après tout, la 1ère a fondé une famille, la 2nde a les moyens d’avoir un logement pour elle seule alors que je suis célibataire et que j’ai choisi de rester vivre avec ma mère plutôt que d’avoir une inconnue pour colocataire. Mais je n’éprouve pas le besoin d’accuser des gens qui ont du fuir leur pays en guerre d’être responsables de mes malheurs et je ne vis pas d’allocations.

Alors pour faire plaisir au chéri de ma mère, pour le rassurer, pour qu’il puisse vérifier mon statut durant sa pause clope et s’assurer que je suis toujours en vie, je vais retourner sur Facebook. Mais pour que ça ne redevienne pas une corvée, pour que je n’ai plus honte de ce que je lis et pour que Messenger ne me saute pas dessus à peine connectée, je vais me faire violence et virer ces deux boulets.

J’ai vraiment la sensation d’être devenue une autre personne en 2005. Meilleure ou non, je n’en sais rien mais je ne regrette vraiment pas ma vie d’avant.

Épuisement professionnel.

J’ai pris mon courage à deux mains, je suis allée chez le médecin et lui ai expliqué un peu mon cas. Résultat : épuisement professionnel et arrêt de 10 jours.

On en a profité pour parler du traitement qui ne semble pas avoir d’effet sur mes ovaires. Il trouve pourtant que physiquement, les changements sont là. Ma voix serait légèrement plus aiguë (déjà qu’on trouvait que j’avais une voix d’enfant au téléphone…) et mon visage s’affine. Moi qui déprimait un peu à l’idée de devoir y aller manuellement avec mes ovaires, ça m’a redonné un peu espoir.

Enfin tout ça pour dire que j’ai 10 jours de couette et oreiller intensif. Et que je reprends par une permanence de samedi. C’est naze.

29/05/16

Je suis à bout. Il aura fallu un an et demi à rythme franchement malsain, des réflexions douteuses sur ma région « insignifiante » ou encore sur le fait que si je suis fatiguée, je n’ai qu’à déménager ou encore que j’ai un devoir moral envers un chefaillon (j’ai failli lui demander s’il allait exiger un droit de cuissage)… et un mail. Oui. Surtout un mail fleurant bon les menaces : Interdiction formelle de faire des inversions de planning entre collègues pour palier à l’incompétence de la chargée de plannings. En bref, lorsque cette gourde me fait finir à 20h puis reprendre à 8h malgré mes 5h de trajet… Et bien tant pis pour moi, je n’ai qu’à crever de fatigue et être rentable.

Je ne sais plus quoi dire, quoi faire. A trop longtemps prendre sur moi sans l’ouvrir, je me rends compte que j’ai dépassé mes capacités de résistance. J’ai vraiment besoin de sortir de là. Besoin de retrouver un semblant de vie, d’être assez en forme pour faire autre chose de dormir quand je ne suis pas au boulot ou dans le train (je ne me suis même pas levée samedi). Seulement j’ai peur de ne plus y arriver seule et je n’ai personne pour m’aider. Je vois très mal ma mère me tenir la main et m’aider autrement qu’en me disant « T’as qu’à… » sans jamais le moindre « Allez je t’aide ».

Je me sens bien seule, faible et épuisée…