Une histoire de poils, d’ovaires, d’aquagym…

Fin avril donc, niveau santé, c’était l’enfer : Douleurs insupportables, saignements constants, retour des poils… J’avais donc noté tous les points négatifs de la fin de traitement (je voulais aussi mettre les points positifs mais je n’en ai trouvé aucun) pour expliquer à la gynéco que l’important pour moi n’était pas de pouvoir faire des enfants que je ne pourrais pas élever correctement car trop malade et trop honteuse de mon état de femme gorille pour oser les approcher mais tout simplement d’oser sortir de chez moi sans avoir peur du regard des autres, d’avoir la force physique d’aller travailler… En bref, de pouvoir vivre.

Fort heureusement, je suis tombée sur une gynéco féministe jusqu’au bout des ongles qui a tout de suite compris que s’acharner à me rendre féconde était une vaste connerie. De toute façon, pour elle c’est peine perdue.

Retour donc du traitement qui me manquait tant et de la félicité d’une pré-puberté médicale et d’hormones de synthèse. Certes, je suis donc stérile pour de bon mais je peux aller à l’aquagym n’importe quand et oh bon sang que c’est bon de pouvoir marcher sans avoir la sensation qu’un club de tricot sévit à la place de mes ovaires !

Le hic, c’est que 2 mois sans traitement et pratiquement tout est à refaire. Mais je suis optimiste. Je sais que ça marche et que pour au moins les 10 années à venir, je vais avoir la paix de ce côté là.

Et puis comme elle le dit si bien : Si je veux une famille, il doit bien y avoir quelque part un veuf à la recherche d’une maman de secours pour ses enfants…

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30 ans plus tard…

J’avais commencé un article pour résumer les mois d’avril/mai. Seulement il devenait tellement long que je vais devoir m’y reprendre en plusieurs fois. Et puis je vais essayer de trouver un moyen de me discipliner pour venir plus régulièrement…

Avril donc, je suis allée au Danemark. Ca ne faisait que 30 ans qu’une amie de ma mère réclamait qu’on vienne visiter son pays… On était dans les temps.

Pays où la vie est chère… Mais elle le vaut bien. Des gens qui vouent un culte à la vie en pantalon de yoga et tennis, à la politesse, au calme et à l’art… Des gens qui ont inventé le Faxe Kondi (sorte de Sprite), les plaques de chocolat pour le pain, les sandwichs au pain noir et saumon, la limonade de sureau… Tivoli ! Les gars, ils ont TI-VO-LI ! Des génies…

Hyperandrogénie, grandes marées et abri de jardin…

J’ai terminé mon traitement mi février et c’est l’enfer : Les poils sont revenus presque immédiatement, ainsi que les cernes et le teint brouillon. En bref, retour un an en arrière. Un peu comme si mon organisme cherchait à me punir d’avoir voulu le remettre dans le droit chemin.
Mais que les médecins se rassurent, eux ont eu ce qu’ils voulaient : J’ai eu mes règles. Hémorragies qui m’ont clouée au lit deux jours, qui ont duré une semaine et qui ont été extrêmement douloureuses. Rien ne pouvait soulager les douleurs. Je ne suis pas douillette mais là sérieux, c’était invivable. 28 jours plus tard, je m’attendais à une nouvelle tempête… Mais non. Je vis dans la crainte constante du retour. Donc annulation de l’aquagym, vacances en mode stressée, le sac à main bourré de tout ce qu’il faut… Autant dire que je ne vis plus. Pour moi, c’est un échec total.

RDV à l’hôpital mi-mai… Va falloir sévir !

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L’aménagement du chalet avance bien. Je dois peindre mes tables de salon, trouver des assiettes, une télé digne de ce nom, un cadre pour le séjour, un tapis (pour cet hiver, j’ai le temps) et un parasol. Non parce que sérieux, la terrasse plein sud dans les Flandres : tu meurs !
J’avais prévu d’installer un abri de jardin pour la tondeuse, les bacs à plante, le stock de PQ, etc… mais ceux d’occasion sur place sont vraiment trop amochés et ceux dans les magasins sont chers, pas assez épais à mon goût (le vent est terrible) et surtout volumineux à transporter. Alors j’ai commencé à songer aux caisses en plastique à roulettes et couvercle que j’aurais pu glisser sous le chalet. Et pendant que je discutais de ça avec la belle-mère de Vito Corleone (faute de mémoire des noms, je donne des surnoms), j’ai entendu que le vieux mobile-home à côté de moi, la vieille chose ringarde à la terrasse couverte, clôture et abri de jardin énooooorme était toujours à vendre et que le prix était devenu des plus abordables : l’équivalent des frais d’évacuation de la parcelle si jamais personne ne le prend d’ici fin avril.
Et là je me suis dis : Bon plan ! Puisque je ne peux pas me débarrasser du Gros Bébé (que j’ai traité de phacochère, soit dit en passant) car comme je le craignais, ma mère refuse de comprendre que ce n’est pas une crise passagère, parquons-le ! Ma mère adore ce mobile-home et rêve de le refaire à neuf alors si j’y arrive, je le lui achète, je les fous tous les 3 (bah oui, le chien avec) dedans et basta ! Enfin l’intimité tant souhaitée… Croisons les doigts donc pour que ça marche.

Ce qui est ironique dans l’histoire, c’est que lors de ma première visite du camping, j’avais flashé sur ce mobile-home car l’idée de tout refaire m’excitait. Puis j’ai renoncé au projet car les portes étant très étroites, le Gros Bébé n’aurait jamais pu aller aux toilettes.
La vie est parfois bien étrange.

Sinon, petite parenthèse (haha, je précise qu’il y a une parenthèse… Moi…) : sérieux, chercher des assiettes qui passent au micro-onde et qui ne soient pas trop moche, c’est comme la quête du Graal ! Mes assiettes en carton ont encore de beaux jours devant elles…

L’art de ressembler à un plot de signalisation dans un manteau tellement grand qu’on ne voyait plus mes mains…

Aujourd’hui, c’était « sortie scolaire ». Les contrôleurs nous ont emmenés, collègue O et moi sur leur terrain. Au revoir le programme foireux qui plante tout le temps, le mug de thé et la chaise de bureau qui descend toute seule, bonjour les chaussures de sécurité, le manteau jeune fluo beaucoup trop grand pour moi (ce qui a fait rire tout le monde) et l’immense parking d’un ancien point frontière.

Ha et lasagnes aussi… En plus elles étaient bonnes.

Sur le coup, je flippais un peu. Rester 7h sur le bord de la route avec 5 gars en liberté (collègue O, les contrôleurs C et A ainsi que 2 gendarmes) à arrêter des camions, sans possibilité de pause pipi, debout dans les courants d’air avec des chaussures de sécurité empruntées à une collègue et un manteau démesuré… Je m’attendais à ce que la journée soit assez longue. Et au final, pas du tout. Bien au contraire, même : C était tout content d’avoir une « stagiaire », A était tout foufou de passer la journée avec moi (on se connaît depuis loin), O était manifestement heureux de sortir du bureau et les gendarmes ont trouvé notre petite troupe tellement sympathique que lorsqu’ils ont croisé 3 gros convois pouvant nous intéresser alors qu’ils étaient partis déjeuner, ils les ont escortés jusqu’à nous. Des gens charmants, soit dit en passant et qui étaient tellement presque en règle qu’on n’a rien dit.

L’après-midi, après une pause lasagnes aux poivrons sur fond de « Comment confectionner un costume pour une soirée extra-terrestre ? », nous avons eu le droit à un convoi improbable qui a collectionné je ne sais combien d’infractions (en plus le gars nous a pris de haut… On était obligé de le recadrer), une semi-remorque biélorusse qui perdait son chargement et un conducteur de voiture pilote très chiant, genre « contrôle débile limite abusif ». Quand il a découvert, alors qu’il faisait son kéké sur le parking, que la seule et unique infraction que l’on retenait au convoi était due à un oubli de sa part, il faisait moins le malin.

Son collègue en revanche, semblait presque reconnaissant.

En bref, excellente journée. Des rencontres sympas, une expérience enrichissante… Mais je crois que j’y ai laissé un orteil et que ma vessie ne me pardonnera jamais un coup pareil.

Le week-end a été éprouvant mais finalement très positif…

Il y a une dizaine de jours, d’anciens voisins étaient passés à l’appartement. On avait parlé du chalet et de mon souhait de faire prochainement (dans un an) une extension de terrasse. Ils ont démarré au quart de tour : « Alors il faudra la faire comme ci, comme ça, avec tel type de bois traité mais pas à entretenir, puis il serait intéressant de faire la balustrade comme l’actuelle et plutôt de 4m de long au lieu de 2m50 pour limiter les coupes, etc… » Le gars a fait celle de leur mobile-home sur la côte et est vraiment doué en menuiserie.

La conversation avait été très enrichissante mais aussi très flippante. Je commençais à me dire que ça serait plutôt pour 2019 car pour une terrasse vraiment solide et durable, il allait falloir un budget important. Bon, le budget, je l’ai mais j’ai aussi une dent qui vient de casser et ma mutuelle est une merde. Bref, gros flippe.

Samedi matin, je suis donc allée les voir dans leur repère pour admirer/jalouser leur terrasse. Et lui de renchérir : « Dans tel dépôt, il y a tel bois mais pour telle partie, il faudrait plutôt des poutres venant de tel autre dépôt pas très loin de ton chalet. Et puis après réflexion, il faudrait quand même prendre du plancher de catégorie 4 pour éviter qu’il ne devienne glissant… »

Je prenais sagement des notes, songeant que, ouh là, plutôt 2020 puis il a ajouté : « Lundi je vais chercher le matos et je te la commence mardi. On devrait s’en tirer pour 700 € ».

Hein ? Quoi ? CE mardi ?

C’est là que j’ai compris que chez lui, le conditionnel est en fait une forme de futur… Proche. Très proche.

Là, on peut dire que j’étais sur mon petit nuage. Puis ça a commencé à se gâter quand le gros bébé est arrivé avec son chien en tirant la tronche parce qu’il n’aime pas mes poseurs de terrasse. Et quand il n’aime pas quelqu’un, il sait se monter particulièrement mal élevé.

En même pas 5 minutes, il m’avait abandonné son chien (un peu comme ces parents qui considèrent que c’est la personne qu’ils visitent qui doit s’occuper de leurs mioches) et il était parti chercher un truc dans son coffre. Ça lui a pris 30 minutes.

« Oui, mais il faut le comprendre » qu’elle me dit ma mère « il n’est pas à l’aise, il ne sait pas quoi faire de sa couenne… » Bah, déjà, il apprend les bases de la politesse, ça ne serait pas mal. Et quand on a la flemme de s’en occuper, on ne prend pas de chien.

A table, il n’a pas décroché un mot. Il s’est même éclipsé avant le dessert et il a fallu le rappeler 2 fois pour qu’il daigne revenir. Mes voisins étaient consternés et ont même fait remarqué à ma mère qu’il se comportait comme un ado capricieux.

Lorsque les voisins se sont mis en route, il n’a même pas daigné les raccompagner à leur voiture avec nous pour les saluer, préférant rester dans le chalet.

Et c’est là au retour, que j’ai eu envie de gerber : il était avachi sur une de MES chaises, sur MA mini terrasse, le ventre à moitié à l’air, les pompes à moitié défaites, tirant une gueule de six pieds de long avec son chien attaché à la rampe d’escalier. J’ai eu honte. Affreusement honte. Honte de lui, de son comportement, du spectacle qu’il offrait. Mais surtout honte de moi qui le laissait faire. Honte de n’avoir jamais moufté durant toutes ces années, honte de l’avoir laissé jouer les petits chefs de famille, d’avoir pris possession des lieux, tant à la maison qu’à l’appartement et quand je l’ai vu devant mon petit chalet, toujours aussi lamentable, j’ai eu honte d’avoir été soumise et docile.

Alors j’ai eu une idée de garce : Le laisser en freestyle tout le week-end, bien blaireau, bien connard : en fin d’après-midi, il s’est installé en plein milieu du canapé avec son chien qui mordillait un coussin et j’ai laissé faire sans rien dire, juste en prenant une photo. Au dîner, je n’ai pas essayé de l’empêcher de prendre « la place du maître » en bout de table pour présider le repas. Je n’ai pas râlé lorsqu’il a roté, je n’ai même pas rappelé qu’un enfant bien élevé se serait excusé comme je fais d’habitude. Le lendemain matin, j’ai fait celle qui n’avait pas remarqué qu’il s’était servi un café sans rien demander, ni s’il pouvait, ni si quelqu’un en voulait un aussi, bien individualiste et bien mal élevé.

J’avais prévu lors de la route du retour, puisqu’on était à 2 voitures, de profiter que ma mère serait coincée au volant pour lui annoncer que je ne voulais plus de lui chez moi. Je ne l’interdit pas à la maison où je ne veux plus aller ni à l’appartement où je traîne à rentrer après le boulot quand il est là car après tout, ça n’est pas chez moi. Je ne lui ferai pas l’injure d’exiger qu’il ne mette plus jamais les pieds chez elle comme sa fille à lui a fait avec ma mère mais chez moi, rien ne m’oblige à le subir.

Finalement, la conversation a eu lieu plus tôt car il a fallu sortir le chien et qu’il avait « mal aux jambes ». S’il savait, ce gros porc débile, que sa fainéantise m’a permis de régler mes comptes… Et ce, de façon un peu vulgaire (j’ai dit clairement que je ne la jugeais pas pour son goût à se faire sauter par un ado attardé lâche et mal élevé mais que je n’avais pas à en payer les conséquences)

J’ignore si ma mère m’a pris au sérieux, si elle va prendre mon souhait en compte ou si elle part du principe que c’est une cricrise éphémère et qu’elle pourra me l’imposer encore. Ces derniers temps, plus je tentais de lui expliquer que je ne le supportais plus et plus elle me l’imposait, plus elle faisait en sorte que je lui soit redevable et plus elle insistait sur le fait soit disant des efforts, qu’il est attentionné avec moi… Bref, que je suis la méchante dans l’histoire. Tout ce qu’elle obtient, c’est que je suis prête aujourd’hui à partir vivre ailleurs et à couper tout contact avec elle si c’est le prix à payer pour ne plus le souffrir. Je ne lui ferai jamais le coup du « c’est lui ou moi ». J’ai choisi pour elle.

Après tout, c’est moi le problème dans l’histoire. Pas lui.

La résolution du chat…

Une papouille en passant, un mot doux avec une voix gnangnan, le dos d’une main passant régulièrement sur la truffe sèche et blanche, un petit bac d’eau collé sous le museau, un autre de pâtée, de croquettes, de chantilly, un regard soucieux, une autre papouille, des suppliques alarmées, deux grandes idiotes qui lui tournent autour sans arrêt et ce, même à 3h du matin…

Non sérieux, Sushi ne sera PLUS JAMAIS malade. On est trop chiantes à supporter quand on s’inquiète pour elle.
Fichu lait tourné par l’orage.

De l’incompétence en veux-tu en voilà…

Dimanche, j’ai voulu faire une simulation d’assurance. Résultat, ma boîte mail est submergée de relances. Vous avez fait une simulation mais vous n’avez pas souscrit à l’offre. Faites le vite ! Pourquoi vous ne l’avez pas encore fait ? Hey, vous nous avez oublié ! Revenez ! Viens nous donner ton fric, salope !

J’ai vraiment eu le nez fin de mettre un faux numéro (le propriétaire du dit numéro, s’il existe, doit me haïr). J’ai repensé à cette mutuelle qui m’appelait 6 fois par jour pour que je signe chez eux. J’étais tellement épuisée que j’avais fini par céder et faire valoir mon droit de rétractation. C’était finalement plus simple. Surtout en écrivant le mot « harcèlement » dans le courrier recommandé.

Depuis lundi, 3 ouvriers (rien que ça) sont dans mon bureau pour installer une cloison de 3m de long. Après 2 jours de travail, on a une bâche de fixée et un rail de posé. Ah et un ouvrier blessé. Sachant que demain, le 2ème sera en congés, il ne nous reste plus que celui réputé pour son alcoolisme. Si vendredi la cloison qui devait être posée en 2 jours est finie (on ne parle même pas des peintures), on pourra s’estimer heureux.

Ils sont bruyants, maladroits (d’où le doigt cassé) et grossiers. Mes tympans saignent.

Toute la journée, le logiciel en ligne que nous utilisons pour travailler a été en rade. En tout, il a du fonctionner 3 heures. Réponse de la maintenance : « Vous avez fait une mauvaise manipulation. Je ne sais pas laquelle mais vous en avez fait une » Moui… Donc ça veut dire que les instructeurs de TOUTE la France et TOUS les transporteurs circulant en France ont fait EXACTEMENT la MÊME mauvaise manipulation en MÊME TEMPS.

On est fort. Très fort.

Prends nous pour des jambons, la maintenance…

Mon collègue en congés cette semaine a accumulé une cinquantaine de dossiers en retard et je comptais profiter de son absence pour lui filer un coup de pouce. Mais l’informatique semble en avoir décidé autrement.

Ce midi, une homologue d’un autre département m’a demandé pourquoi je m’étais trompée dans mon dossier. Je ne me suis pas trompée. C’est le département limitrophe qui a merdé mais comme il ne répond pas, elle en déduit que la faute vient de moi. Je lui ai expliqué que l’erreur ne pouvais pas venir de moi mais que si vraiment elle y tenait, je céderais à son caprice. Vu la tournure de la phrase, si elle a un minimum de fierté, elle devrait me lâcher.

La semaine dernière, j’ai déposé un chèque de 1000€. Ce soir, je découvre que mon compte n’a été crédité que de 100€.

C’est une idée où le déclin de notre civilisation a passé un nouveau stade ?