Toute une vie format A5

Je suis la parfaite synthèse de mes ancêtres. C’est un peu comme si tout ce qui me caractérisait étaient les détails de ma mère (sa passion des fournitures de bureau, les listes et la vaisselle), de ma grand-mère (le besoin d’avoir des réserves, le crucifix planqué dans la maison) et de mon arrière grand-mère (chocolat!). J’ai même hérité des auriculaires crochues de l’arrière arrière grand-tante Marie-Louise.

Et de son auto-portrait au fusain.

Je suis donc devenue une créature obsédée par les stocks, la trousse optimale, l’agenda efficace… Aux doigts crochus. Je fais des tonnes de listes pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi), je planifie tout et me tords de douleur quand je constate que mon activité n’est pas « utile ».

Les planificateurs sont donc apparus comme la solution parfaite : un agenda, des pages pour écrire, d’autres pour faire des listes, dessiner… Mais voilà : A l’instar de la trousse optimale, concevoir le planificateur parfait est bien plus compliqué que je ne l’aurais cru. Avant même de parler du type de feuilles ou des signets, notes adhésives, etc… le choix du planificateur en lui-même est un casse-tête. Je viens de recevoir mon troisième.

Le premier est affreusement gros et prend toute la place dans mon sac à main. Sans compter son poids ! Il a de gros avantages et j’adore sa couleur mais son aspect matelas indestructible (va te faire… Newton!) ne justifie pas que je me déboîte l’épaule.

Le deuxième a l’avantage d’être plus fin, donc plus léger et surtout d’avoir une clef USB dans le fermoir. Seulement ses anneaux sont tellement fins qu’à peine on y a mis 5 intercalaires que le planificateur est plein. Alors oui, il prend moins de place dans le sac, mais quel intérêt si je ne peux rien mettre dedans ? Ceci dit, il m’est très utile au bureau pour les formules de calcul d’antan (qu’on a ressorti car le logiciel de travail est une daube) et autres infos glanées ici et là sur le réseau routier.

Le premier ne va pas non plus prendre sa retraite. Je dois me faire une raison : Pour l’intégrité de mon épaule, je ne peux pas avoir toute ma vie dans un seul planificateur. Je dois faire un choix et séparer les données indispensables (agenda, anniversaires, listes, carnet à saccager) de celles qui peuvent rester à l’appartement (guide de tailles de vêtements et bijoux, astuces de jeux…) voire même avoir un carnet au chalet pour le calendrier du jardin.

Et une fois je serai enfin au point là dessus, je pourrai m’attaquer à la trousse.

Pas facile d’être la petite dernière d’une longue lignée de flamandes siphonnées !

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Journal d’une anthropologue autodidacte (et surtout improvisée)

Chaque année, ma mère doit se rendre à une formation, généralement obligatoire et inutile, durant laquelle elle doit cohabiter avec ses « semblables ». Elle y fait donc le pitre, réclame des pauses clopes et sert de confidente aux « grands pontes » de la boîte. Bref. Elle se fait chier.

Mais c’est du coup l’occasion pour un petit rituel : je vais la chercher à l’école en sortant du bureau.

Hier donc, j’attendais patiemment devant le bâtiment. J’ai joué un peu à Pokémon Go (j’ai choppé une arène!!!), gloussé en constatant qu’en recyclant un vieil hotel particulier en bureaux, ils avaient coupé en deux la hauteur des étages pile au milieu des fenêtres, ce qui est fort esthétique et j’ai fait une étrange rencontre.

On dit toujours qu’il ne faut pas parler aux inconnus. Qu’il faut se méfier d’une personne avançant vers toi. Moi, quand quelqu’un me dit bonjour, je lui réponds. Sauf les nanas des sondages à qui je réponds que je suis étrangère (vilaine menteuse) parce que faire le pied de grue à répondre si je suis « plus ou moins d’accord avec cette affirmation », ça me gonfle à mort. Donner une réponse franche, d’accord. Répondre des ni-oui-ni-non, la barbe !

Et puis j’aime jouer les anthropologues citadins. Découvrir de nouvelles espèces, les étudier, tenter de comprendre leurs us et coutumes. Découvrir le lemming en chaussure à pointes (le cadre dit dynamique) et son habitat naturel (le RER A) a été une véritable épreuve, mais la science avant tout !

S’est donc approché de moi un étrange spécimen inconnu : menu, cheveux longs, parlant une langue que je n’ai pas pu identifier tant j’étais obnubilé par ses griffes d’un fort artificiel violet pailleté. La créature me montre alors son petit, sa prise de chasse, une icône religieuse peut-être -qui sait- que j’identifie comme étant un smartphone en poussant une sorte de petit cri plaintif : « hhhheu… hhheu… » Puis elle me montre ce que je prends d’abord pour une blessure mais qui se révèle juste être l’encoche pour ouvrir l’appareil.

Je la regarde faire sans trop comprendre, elle me tend encore un peu plus son Précieux en continuant ses gémissements jusqu’à ce que je capte le problème.

Sans vouloir me vanter, j’ai de très beaux ongles : Longs, solides, taillés en pointe. Ce n’est certes pas à la mode mais cette rencontre m’a confortée dans mon choix d’être hors norme (bien grand mot pour 10 si petites choses…) : Ongle + faux ongle (prothèse ongulaire en gel, qu’on dit, il paraît. Je ne sais même pas si ongulaire est un vrai mot) + vernis pailleté + coupe en carré = pâté plastique trop gros pour se glisser dans la fente.

La pauvre petite créature d’1m50 talons compris, était totalement incapable d’ouvrir son téléphone pour changer la carte Sim tant ses doigts s’apparentaient à des chipolatas que l’on aurait habillées de bouchons de stylos Bic. Pour la dextérité, on repassera.

Comme quoi on est bien peu de chose…

De la difficulté à voir le patrimoine gâché…

Je n’avais pas vraiment prévu de me remettre aux Sims 4 tout de suite. J’attendais l’arrivée de la prochaine extension et l’hypothétique achat d’un portable suffisamment solide pour les réinstaller dessus, histoire de pouvoir jouer à l’appartement et au chalet.

Et puis il a ce projet puéril et stupide de pseudo histoire illustrée par le jeu. L’un des points les plus important, ce sont les constructions. Ça a toujours été le domaine qui m’a toujours plu dans ce jeu. Raison d’ailleurs pour laquelle ce 4ème opus m’a toujours un peu rebutée. L’aspect hyper infantilisant aux proportions exagérées et absurdes, quelle horreur ! Mais le CAS, quelle évolution…

L’un des personnages les plus importants de l’histoire, notamment parce que c’est la narratrice, est la villa Brunhilda. Il s’agit d’une maison abandonnée qui se trouvait à 2 pas de chez moi sur le chemin du collège. J’ai toujours eu énormément de peine pour cette maison. Elle avait été sabotée : Un gars du quartier s’appliquait à racheter de vieilles maisons à retaper, à en démonter la toiture et laisser les intempéries détruire le reste. Technique imparable pour contourner un arrêté municipal interdisant de raser une maison viable, sous couvert de préservation de l’architecture balnéaire. La maison a l’état de ruine, il ne lui restait plus qu’à vendre à prix d’or un terrain à bâtir dans une ville manquant cruellement de place.

La prochaine fois qu’on me parle de la situation de ma maison et de la taille du jardin, je sors le pot de confiture de quetsches ! Et je sais m’en servir !

Bref.

Tout ça pour dire qu’en lisant le journal, j’apprends que Brunhilda a été rasée ! Il ne me restait donc 2 solutions : Choisir une autre maison ou mettre mon jeu Sims 4 à jour et me grouiller de me remettre à la construction avant que Google maps ne soit mis à jour et que la maison disparaisse pour toujours.

http://www.lavoixdunord.fr/218187/article/2017-09-15/decouvrez-l-incroyable-histoire-de-la-villa-brunhilda-au-crepuscule-de-sa-vie

Bon bah… Jouons !

Prochaine étape : l’hôtel Carlton dans le même quartier et dans le même état. Ville fantôme peuplée d’ignares…