J-66

Si on regarde le calendrier, j’ai encore 66 jours à tirer avant d’être enfin libérée de cette vie de brin au profit d’une vie décente et d’un travail utile. Les choses s’arrangent. Qu’est-ce que 66 jours comparés aux 19 mois déjà passés ? Une broutille.

Mais si je regarde en fonction du planning, de mes jours de repos, de congés et l’opération, on en arrive à 21 jours, 1 permanence de jour, 5 de nuit, 1, voire 2 nuits d’hotel et l’affaire est dans le sac. Encore mieux.

Du coup, j’ai commencé à noter dans mon agenda les « trucs importants à faire » : Résilier les abonnements RATP et SNCF. Rien que de l’écrire, ça fait un bien monstre. C’est dingue comme le bonheur peut tenir à peu de choses…

Publicités

Des nouvelles du front

Bon alors comme toujours, je n’ai aucune trace écrite. Ça reste de l’info verbale et vu comment s’était passé mon humiliant recrutement, je ne peux pas m’empêcher de me méfier de cette administration. Enfin bon.

Entre Lille qui cherche à me récupérer au plus vite et Paris à me retenir aussi longtemps que possible, j’ai reçu tout à l’heure un appel de la responsable de la gestion du personnel : « Une mutation au 1er octobre, ça vous va ? »

Quelle question ! Une mutation en 2016, évidemment que ça me va, surtout vue l’animosité chaque jour grandissante du Juteux à mon égard. Et puis j’ai pas mal de congés encore à prendre, des RTT et même quelques jours de récup. Ajoutons la réfection de mon utérus et de mes ovaires (autant être en arrêt quand je suis encore à Paris et inutile) ce qui devrait rendre ces 3 mois bien plus courts.

Après l’appel étrangement, le Juteux est passé 3 fois de suite. Le regard torve et le teint blême, il devait être rudement assoiffé car chaque fois, il est allé se planquer au niveau de la fontaine à eau. Pour les collègues qui étaient là, il est évident qu’il cherchait à surprendre une conversation compromettante. Manque de bol, la première fois, on parlait lunettes et mutuelles, les deux autres, on parlait jardinage. Si bien qu’on a continué notre discussion sans même s’interrompre, préférant l’ignorer ostensiblement. Pourtant les occasions de nous surprendre parlant de sa bêtise, de ma prochaine mutation, de ses méthodes pour nous monter les uns contre les autres ou encore de la dégradation de nos conditions de travail depuis son arrivée.

C’est dingue comme les langues se délient quand on est peu nombreux et qu’il fait beau…

Enfin croisons les doigts pour que les choses se déroulent bien !