De l’art de passer pour une victime…

Je déteste les carrés dans les TGV. Faire face à quelqu’un pendant une heure (hors retard quotidien) dans cet espace prévu pour des culs de jatte tant on manque de place pour les jambes m’insupporte au plus haut point. Ces 4 places rendent les gens terriblement agressifs et méchants. Tout est prétexte à engueulade : La tablette du train qui vibre, l’ordinateur portable qui prend trop de places, le sac entre les jambes qui dérange, etc… Peut-être est-ce du au fait qu’à chaque fois que l’on redresse la tête, on a l’impression que notre voisin d’en face nous observe ? Aucune idée. Le fait est que je maudis la SNCF chaque fois qu’on me place dans un carré.

Je m’arrange toujours pour limiter toute interaction avec mes compagnons de route (voire d’infortune. Coucou la énième régularisation de trafic du mois!) et plus encore dans ces places là. Déjà en temps normal, tout le monde ressent le besoin de me raconter sa vie pour la simple raison que je suis polie avec eux. Mais quand on sait qu’ils vont finir par s’écharper et me demander de prendre partie sur qui a pris le plus de place sur la tablette et jusqu’où qui peut étendre ses jambes, je m’applique à être la plus invisible possible.

Sauf aujourd’hui. A cause d’un soubresaut du train, j’ai perdu des mains le bouchon de ma bouteille d’eau. Lorsque j’ai voulu me baisser le rattraper, le gars en face de moi a posé son pied dessus en me regardant droit dans les yeux d’un air menaçant puis a fait rouler le bouchon sur la moquette avec sa chaussure. Dans le genre : « Tu l’as dans le cul, connasse », on ne peut pas faire plus clair.

J’étais bien embêtée avec ma bouteille sans bouchon et rien pour la coincer. J’ai donc essayé de la boire un maximum mais même si je suis une grande buveuse d’eau, arrivée à un demi litre en 10 minutes, ça ne passait plus. Je m’étais donc résignée à passer le reste du trajet à tenir ma bouteille d’eau, comme une idiote et sans pouvoir faire grand chose d’autre.

Je déteste ne rien pouvoir faire dans le train. Mon temps de trajet atteint dangereusement les 5h par jour et ne rien pouvoir faire pendant ce temps me donne vraiment la sensation de perdre ma vie pour un travail inutile. Alors son regard satisfait et ses ricanements m’ont vraiment mise dans une rage folle. C’est là que l’occasion s’est présentée : Il avait posé son téléphone portable sur la tablette et s’amusait à bouger son sac à dos pour me forcer à glisser mes jambes sous mon siège et lui laisser un maximum de place. Un coup de sac un peu trop fort et « Aïe ! » j’ai sursauté en prenant mon air de victime qui souffre et j’ai, oh malheur, lâché ma bouteille qui a fini de se vider sur son téléphone, son pantalon et sa fierté : « Vous pourriez faire attention, monsieur ! Vous lui avez fait mal ! » se sont indignés les 2 autres voyageurs du carré, poussant le type à s’excuser alors que je venais de verser 50cl d’eau sur son téléphone. Eau épongée ensuite par son froc.

Ah ça ! Il avait fière allure en sortant…

Publicités

2 réflexions sur “De l’art de passer pour une victime…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s