Épuisement professionnel.

J’ai pris mon courage à deux mains, je suis allée chez le médecin et lui ai expliqué un peu mon cas. Résultat : épuisement professionnel et arrêt de 10 jours.

On en a profité pour parler du traitement qui ne semble pas avoir d’effet sur mes ovaires. Il trouve pourtant que physiquement, les changements sont là. Ma voix serait légèrement plus aiguë (déjà qu’on trouvait que j’avais une voix d’enfant au téléphone…) et mon visage s’affine. Moi qui déprimait un peu à l’idée de devoir y aller manuellement avec mes ovaires, ça m’a redonné un peu espoir.

Enfin tout ça pour dire que j’ai 10 jours de couette et oreiller intensif. Et que je reprends par une permanence de samedi. C’est naze.

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29/05/16

Je suis à bout. Il aura fallu un an et demi à rythme franchement malsain, des réflexions douteuses sur ma région « insignifiante » ou encore sur le fait que si je suis fatiguée, je n’ai qu’à déménager ou encore que j’ai un devoir moral envers un chefaillon (j’ai failli lui demander s’il allait exiger un droit de cuissage)… et un mail. Oui. Surtout un mail fleurant bon les menaces : Interdiction formelle de faire des inversions de planning entre collègues pour palier à l’incompétence de la chargée de plannings. En bref, lorsque cette gourde me fait finir à 20h puis reprendre à 8h malgré mes 5h de trajet… Et bien tant pis pour moi, je n’ai qu’à crever de fatigue et être rentable.

Je ne sais plus quoi dire, quoi faire. A trop longtemps prendre sur moi sans l’ouvrir, je me rends compte que j’ai dépassé mes capacités de résistance. J’ai vraiment besoin de sortir de là. Besoin de retrouver un semblant de vie, d’être assez en forme pour faire autre chose de dormir quand je ne suis pas au boulot ou dans le train (je ne me suis même pas levée samedi). Seulement j’ai peur de ne plus y arriver seule et je n’ai personne pour m’aider. Je vois très mal ma mère me tenir la main et m’aider autrement qu’en me disant « T’as qu’à… » sans jamais le moindre « Allez je t’aide ».

Je me sens bien seule, faible et épuisée…

De l’art de passer pour une victime…

Je déteste les carrés dans les TGV. Faire face à quelqu’un pendant une heure (hors retard quotidien) dans cet espace prévu pour des culs de jatte tant on manque de place pour les jambes m’insupporte au plus haut point. Ces 4 places rendent les gens terriblement agressifs et méchants. Tout est prétexte à engueulade : La tablette du train qui vibre, l’ordinateur portable qui prend trop de places, le sac entre les jambes qui dérange, etc… Peut-être est-ce du au fait qu’à chaque fois que l’on redresse la tête, on a l’impression que notre voisin d’en face nous observe ? Aucune idée. Le fait est que je maudis la SNCF chaque fois qu’on me place dans un carré.

Je m’arrange toujours pour limiter toute interaction avec mes compagnons de route (voire d’infortune. Coucou la énième régularisation de trafic du mois!) et plus encore dans ces places là. Déjà en temps normal, tout le monde ressent le besoin de me raconter sa vie pour la simple raison que je suis polie avec eux. Mais quand on sait qu’ils vont finir par s’écharper et me demander de prendre partie sur qui a pris le plus de place sur la tablette et jusqu’où qui peut étendre ses jambes, je m’applique à être la plus invisible possible.

Sauf aujourd’hui. A cause d’un soubresaut du train, j’ai perdu des mains le bouchon de ma bouteille d’eau. Lorsque j’ai voulu me baisser le rattraper, le gars en face de moi a posé son pied dessus en me regardant droit dans les yeux d’un air menaçant puis a fait rouler le bouchon sur la moquette avec sa chaussure. Dans le genre : « Tu l’as dans le cul, connasse », on ne peut pas faire plus clair.

J’étais bien embêtée avec ma bouteille sans bouchon et rien pour la coincer. J’ai donc essayé de la boire un maximum mais même si je suis une grande buveuse d’eau, arrivée à un demi litre en 10 minutes, ça ne passait plus. Je m’étais donc résignée à passer le reste du trajet à tenir ma bouteille d’eau, comme une idiote et sans pouvoir faire grand chose d’autre.

Je déteste ne rien pouvoir faire dans le train. Mon temps de trajet atteint dangereusement les 5h par jour et ne rien pouvoir faire pendant ce temps me donne vraiment la sensation de perdre ma vie pour un travail inutile. Alors son regard satisfait et ses ricanements m’ont vraiment mise dans une rage folle. C’est là que l’occasion s’est présentée : Il avait posé son téléphone portable sur la tablette et s’amusait à bouger son sac à dos pour me forcer à glisser mes jambes sous mon siège et lui laisser un maximum de place. Un coup de sac un peu trop fort et « Aïe ! » j’ai sursauté en prenant mon air de victime qui souffre et j’ai, oh malheur, lâché ma bouteille qui a fini de se vider sur son téléphone, son pantalon et sa fierté : « Vous pourriez faire attention, monsieur ! Vous lui avez fait mal ! » se sont indignés les 2 autres voyageurs du carré, poussant le type à s’excuser alors que je venais de verser 50cl d’eau sur son téléphone. Eau épongée ensuite par son froc.

Ah ça ! Il avait fière allure en sortant…

Il semblerait que je sois abonnée aux journées à thème…

Aujourd’hui, j’avais rendez-vous chez l’ophtalmo.

« Depuis quelques temps, le monde scintille. Pas comme une licorne ou une fée des bois, non… Juste que les lettres sont comme dans une aura au dessus et en dessous. Pas les côtés. Ca gâche la lecture, c’est intolérable. »

Oui. C’est comme ça que je lui ai expliqué mon cas.  Elle me colle une lampe et une loupe sur le nez, regarde un quart de seconde : « Ah bah oui, votre œil a un défaut. C’est surprenant que personne ne l’ai détecté avant, c’est de naissance ! »

A l’école, les contrôles des yeux étaient on ne peut plus brefs. Ils ne cherchaient pas à savoir si on voyait bien. Tant qu’on voyait, c’était bon. Après, je n’ai eu que des boulots sans visite à la médecine du travail et comme je n’ai jamais passé le permis, on n’a pas eu à vérifier à ce moment là non plus. Reste mon boulot actuel où on est censé avoir une visite tous les ans, principalement pour les yeux (ah bah tiens !) et les oreilles… Il parait que ça fait 5 ou 6 ans qu’ils n’ont vu personne.
Quand mes collègues disent que le standard du ministère de l’inutile est totalement ignoré et abandonné… Je suis tentée d’aller dans leur sens.

Bref. Je suis astigmate. Rien de bien dramatique donc. Avec une correction salée il parait, sauf que je suis incapable de lire son ordonnance.

 

Là où je me dis que c’était une journée à thème, c’est qu’à peine sortie, je reçois un appel de l’hôpital : « Bon, vu les résultats de votre dernière écho, le traitement ne suffit pas. »
YOU-PI.
« Donc un chirurgien va installer une caméra dans votre utérus… »
Eurk.
« … Et on va tout récurer manuellement. Ca sera plus efficace. »
Technique de bourrin, mon amie.
« On se calle ça pour le 1er juillet ? Plus vite c’est fait, mieux c’est ! Allez bisous ! »

Bisous. La nana m’annonce qu’on va espionner mon utérus, récurer mes ovaires et elle me dit BISOUS ?!

 

C’est con, mais je trouve que ça a pas mal dédramatisé l’annonce…

Un point sur le projet idiot…

Alors…

1 Sur le bon coin, il y a un mobil home à 6500€, dans le camping de mes rêves (piscine à l’année, à 30 minutes de Lille, avec navette entre la gare et le dit camping, juste à la frontière belge)

2 J’ai les sous pour l’acheter directement et même plusieurs années de frais avec.

3 Je suis allée sur le site du camping pour voir à quoi ressemblait ce modèle de mobil home (ils renouvellent leur stock) et je le trouve un peu petit. J’aimerais 2 chambres au lieu d’une.

4 Il y en a un autre, allure chalet, à 22500€. Je n’ai pas les sous pour.

5 Il faut que je me cale un week-end cet automne pour y passer 2 ou 3 jours, histoire de voir si l’endroit me plait vraiment et s’il y a d’autres logements en vente.

6 L’avantage, c’est que pendant ce temps, je continue de mettre des sous de côté (on est quand même super loin du 3 chambres, dressing, cheminée à granules, etc… à 1150000 € !

Comment un porte-clefs publicitaire peut déclancher l’apocalypse.

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Depuis quelques années, il y a un type dans l’entourage de ma mère que je ne supporte pas. Est-ce que ça a un rapport avec le fait que la première fois que je l’ai vu, il était bourré et n’arrêtait pas de dire que j’étais ennuyeuse et vieille pour mon âge ? Très possible.

Elle aussi commence sérieusement à en avoir marre de lui mais comme elle ne sait pas taper du poing sur la table, elle préfère fermer les yeux et laisser les gens aller toujours plus (et trop) loin. « Je ne vais pas l’envoyer chier alors qu’il ressort juste de l’hôpital… », « je sais bien que ce qu’il a fait est dangereux mais tu sais que sa vue est mauvaise, il n’a pas fait attention… », etc…
Sauf que l’une de mes grandes résolutions (je préfère les prendre en milieu d’année) est de ne plus me laisser bouffer par les nazes et par extension d’en préserver ma mère. Donc là, j’ai sévi.

Ce type est un danger public qui ne respecte rien. A son actif, on a de la mise en danger d’autrui (prise de courant explosée sans prévenir, pointe de couteau dans des merguez qu’il a planquées dans le congélateur, coin en acier planté coincé dans une bûche…), de l’emprunt sans demander (vaisselle, outils, linge de maison…), de la destruction (sac Disney devenu sac poubelle, porte d’entrée explosée parce qu’il avait perdu les clefs et qu’un serrurier coûte trop cher…) ou encore de la maltraitance envers les animaux (il a attendu 3 jours avant d’exploser la dite porte pour nourrir les chats qu’on lui avait confié) sans compter le stress, l’inquiétude et l’énervement qu’il provoque chez nous à chacune de ces occasions citées plus haut. La liste est longue. Très longue.

On peut même ajouter que la première fois que je l’ai vu, il était pompette (une chose qui me fait peur) et qu’il a dit de moi que j’étais vieille et ennuyeuse pour mon âge. Charmant. Mais je suppose qu’il était trop bourré pour s’en souvenir.

 

Le dernier truc en date, outre le fait qu’il a fallu un mois pour qu’il daigne rendre les clefs de notre maison dans laquelle il avait dispersé toutes ses affaires comme s’il allait revenir (Hey mais j’y pense !)* et qu’en plus il a fallu aller les chercher chez lui d’autorité, voilà qu’il nous rend les clefs sans le porte-clefs tête de mort collector qui allait avec. C’est idiot, mais c’est ce qui m’a fait exploser.
Alors discrètement, calmement, je lui ai envoyé un message pour lui dire ma façon de penser :

« Dis-donc, mon con : Déjà qu’il faut des semaines pour que tu daignes nous rendre nos clefs (tu sais venir les chercher mais pas les rendre, sympa) mais en plus te tu permets de garder mon porte-clefs ? Tu crois quoi ? Que tu peux te servir dans mes affaires impunément ? C’est à cause de gens comme toi que je ne voulais plus aller dans ma propre maison : Pour ne pas voir les affaires disparaitre ou être détruites parce que « si elles prêtent la maison gratuitement, c’est qu’elles s’en fichent ». Et bien non, figure toi, je n’en ai pas rien à foutre de cette maison et de tout ce qui la concerne, porte-clefs compris, et que j’en ai ras-le-bol de payer les factures pour offrir des vacances à des connards qui me prennent pour la dernière des connes. »

S’il avait été relativement futé (on est très loin de parler d’intelligence) il aurait fait comme s’il n’avait rien reçu, se serait dit « ce n’est que la fille de la propriétaire, je l’emmerde et basta » mais non, voilà que cet idiot me répond :

« Bonjour désolé je n es pas pris le porte clef je l ai mais perdu la tête pour cela que j ai remplacé merci je prends pour les autres »

Comment dire… Passons la rédaction. C’est vrai que le fait de ne pas l’avoir gardé mais de l’avoir perdu rend la chose bien moins gênante. De quoi je me plaints, merde ? Ce n’est que la 2ème fois qu’il perd un de nos porte-clefs et pour une fois, il n’a pas perdu les clefs qui vont avec et il n’a donc pas eu à casser une porte plus vieille que lui ou, mieux encore, laisser la maison ouverte (sans nous prévenir, comme d’habitude). Non vraiment, je n’ai AUCUNE raison de le lui reprocher.
Soit.
J’ai beaucoup aimé le  » merci je prends pour les autres ». J’avoue avoir eu un léger « oh ! » de surprise/stupeur/incrédulité/nonmaistuveuxmonpoingdanstagueule en lisant le message. Alors j’ai répliqué. Je lui ai fait un début de la liste de ses massacres. J’ai compté que ses conneries auraient pu tuer quelqu’un au moins 3 fois. « Je continue ? » que j’ai écrit en guise de salutations.
Ce que j’ignorais, c’est que pendant ce temps, il avait envoyé un sms à ma mère pour se plaindre de moi, que je n’avais aucune raison de lui faire un tel sermon, qu’il payait pour les autres et que c’était dégueulasse :
– Tu as gueulé sur Boulet ?
– Oh, juste un peu… Il a cafté ?
– Oh, juste un peu…
– Quel petit merdeux.
– Il dit que puisque c’est comme ça, nous en resterons là et il ne viendra plus.
– Tu lui as répondu quoi ?
– Rien. Problème réglé. Rho là là, je ne sais pas si je vais m’en remettre de cette disparition subite.

Ce ne sont pas les méthodes de ma mère, elle ne m’a pas élevée comme ça et elle me le rappelle assez souvent. J’avoue pour le coup apprendre sur le tas. On le mettra sur le compte de mon nouvel instinct de conservation.
Que j’aime avoir le mauvais rôle !

* Pour en revenir à mon « Hey mais j’y pense ! » au sujet de ses affaires dispersées partout dans la maison (affaires de toilette, baskets, reste de bouffe, etc…) je me souviens en arrivant le lendemain de son départ m’être dit, soit il est parti en vitesse, soit il compte revenir très vite.
Vu qu’il a mis un mois à nous rendre les clefs à contrecœur et que le couvreur qui est resté quelque jours à la maison a eu de drôles de surprises (rideaux qui s’ouvrent durant son absence et lumières allumées à son retour de balade alors qu’il les avait bien éteintes) je me dis que non, nous n’avons pas d’esprit frappeur à la maison et que oui, Boulet avait peut-être bien eu l’intention de retourner à la maison sans rien dire, étant donné qu’il avait les clefs, et qu’il a du être fort déçu de la voir occupée…

Pendant ce temps, ils l’ont, leur putain de retour sur investissement…

Plus les jours passent et plus je développe une aversion pour ma situation professionnelle actuelle. Je la trouve nocive, toxique et j’ai peur qu’elle ne contamine ma vie personnelle. Je sais bien que c’est idiot. J’ai l’avantage d’avoir un travail qui ne peut pas sortir du bureau et tellement bête qu’il ne nécessite ni formation ou révision. Une fois hors du bureau, c’est comme s’il n’existait pas. Enfin, en théorie. Il n’y a pas un jour sans qu’il ne vienne me pourrir l’esprit. Pas une nuit sans que je rêve de ruer dans les brancards de ces imbéciles belliqueux imbus de leur personne. Alors je m’applique à construire un mur entre le travail et le reste. J’en fais une espèce de parenthèse, un purgatoire vers un avenir meilleur dont je ne devrai surtout rien garder ensuite. Pas la moindre trace, document, souvenir qui pourrait ternir ma vie plus qu’il ne le fait déjà.

 

Je ne porte donc jamais mes baskets rouges et zébrées au bureau. J’ai 2 sacs à main, un pour aller au travail, un autre pour le reste du temps tout comme j’ai 2 agendas. Je ne me lie pas avec mes collègues (à part les 2 anti-Paris) et ne m’intéresse pas à leur vie. J’ai 5 chemisiers identiques pour aller travailler et ne cherche jamais à faire dans l’originalité… Je me rends bien compte que toutes ces restrictions accentuent ce mal-être mais je préfère l’ennui professionnel à la contamination générale.

 

Je crois bien qu’il est là, le « cancer psychologique » que cherche mon médecin…