Contrecoup intestinal

Toujours dans ma lutte contre l’hyperandrogénie, j’ai eu droit à une belle frayeur. Fin janvier, j’ai eu une énième consultation gynécologique. En général j’obtiens les résultats sous 2 semaines alors quand j’ai reçu un courrier de l’hôpital mi-février, je m’attendais logiquement à avoir mes résultats. Sauf que c’était un autre RDV pour début mars.

Aucun résultat, un courrier on ne peut plus succinct dans le même service, j’avoue avoir flippé un peu. Et puis je vis constamment avec la sensation qu’une grosse cata va me tomber sur le coin de la figure. Alors je me suis dit, ça y est, c’est pour maintenant. On va m’annoncer que j’ai un cancer incurable et que je vais crever bientôt dans d’atroces souffrances. J’allais pouvoir commencer à regarder s’il y a des promos sur les pierres tombales et réfléchissais déjà à l’épitaphe. Qu’écrire sur la tombe d’une standardiste croisée yéti de 32 ans, célibataire et sans enfants ? « Tout ça pour ça » est ressorti grand vainqueur de mes réflexions morbides.

Bref.

Je n’étais donc pas très fière la semaine dernière, assise droite comme un piquet dans le couloir du service gynécologique et imagerie de la femme (j’adore le terme) avec un bouquin glauque au possible. Quand l’interne m’a appelée, je marchais comme un zombie. Comment allais-je réagir ? M’effondrer et chialer lamentablement que ce n’est pas juste ? Rester digne, à mi chemin entre « pleurer ? Moi ? JAMAIS ! » et « je suis au radar et je ne comprends rien » ?

« – Vous avez reçu les résultats de la biopsie ? Non évidement, ce couillon ne l’a pas fait. Et bien vous n’avez pas de cancer. Désolée de vous avoir laissé dans le doute pendant 1 mois… »

 

Mes ovaires sont juste en vrac et c’est réparable. Gros, très gros soulagement. 1 an de traitement de bourrin pour mettre mon organisme en hibernation et le nettoyer puis si tout va bien, 3 ans de traitement en vitesse croisière pour remettre la machine en route progressivement. Avec un peu de chance, à la veille de la ménopause, je pourrais même avoir des enfants !

Va te faire foutre la stérilité diagnostiquée la dernière fois !

 

Je n’ai pas pris le métro pour rentrer, préférant le nuage de bonheur qui proute des paillettes.

 

Evidemment, le contrecoup a fini par se pointer : Une bonne gastro comme on les aime. La chef (celle qui rentrait d’un arrêt de 2 mois parce qu’elle s’est vautrée au ski) a un peu fait la gueule quand je lui ai demandé à qui envoyer mon arrêt maladie (de 3 jours, faut pas pousser non plus) et je me dis que la semaine prochaine, je vais ravaler ma fierté et oser me renseigner sur cette histoire de dossier social pour appuyer ma demande de mobilité. Je ne veux VRAIMENT PAS de cette épitaphe de merde sur ma pierre tombale…

Publicités

De l’art de se ridiculiser…

« Jayden contempla sa main, tout étonné, avant de la serrer, radieux.

  • Et comment ! Ah ça, tu ne le regretteras pas ! »

C’est à ce moment là que mon métro est arrivé à ma station et qu’il a fallu que j’en sorte. Je déteste arrêter ma lecture en pleine page et pire encore sur la page de gauche. Alors j’ai calculé que le temps de sortir de la station, j’avais le temps de finir une page et demie sans soucis.

J’ai donc continué ma lecture le temps de monter le premier escalator, puis de traverser la station (je le fais tellement souvent que je ne rencontre plus aucun obstacle) et de monter sur le second escalator, toujours plongée dans mon livre.

C’est là que j’ai entendu des rires un peu plus loin. J’ai alors levé les yeux vers le haut et vu 2 techniciens pliés de rire. L’escalator était en panne et ça faisait bien 3 lignes que je lisais, immobile sur ma marche.

« Il doit être rudement bien votre livre, ma petite dame ! »

Oui enfin avec tout ça, je n’ai toujours pas fini ma page…