Saccage ce carnet – Page 7 première partie : Dessine sur les mentions légales.

L’armée du papa pingouin est en marche !

07

Publicités

Bonne étoile et chef pompette.

Je l’ai fait ! J’ai déposé à monsieur P ma demande de changement d’affectation. Il n’avait même pas encore retiré son blouson de cuir que je la posais sur son bureau, toute souriante. « Vous allez me détester » que je lui ai dit en entrant. Il m’a assuré que non mais qu’il était quand même déçu. Il est contre le principe de retenir les gens qui demandent une mutation et reconnaît être triste que je veuille partir. Durant un instant, j’avoue avoir eu peur. Après tout, même s’il ne dit pas non, rien ne l’empêche non plus de prétexter une raison de service pour retarder le truc ou laisser son chef donner un avis défavorable.

Après, c’est l’avis du service d’arrivée qui est prioritaire et je ne pense pas que monsieur H refuse ma venue. Si c’était le cas, il ne se serait pas donné la peine de me laisser un message sur mon répondeur pour m’expliquer comment faire ma demande de mut’.

Je devrais avoir la réponse en février, pour une prise de poste en mai. Avec les histoires de plannings, si je veux pouvoir me prendre quelques jours de congés avant de reprendre sur Lille, il va falloir que je les pose avant de savoir si je suis vraiment réaffectée. C’est idiot, mais j’ai peur de me porter la poisse en le faisant.

Car oui. Même si je dis toujours que je ne crois en rien, que ce soit en Dieu (la religion est pour moi une tradition plus qu’une question de foi), aux extra-terrestres, aux fantômes, fées, lutins, etc… Je crois en cette fichue poisse. Mais aussi en ma bonne étoile. Qui, si on y repense, a quand même rudement bien assuré cette année :

– J’ai été titularisée.

– J’ai échappé à 3 attentats et une fusillade.

– Un poste à 20 minutes de marche de chez moi se libère pile quand je peux demander une mutation.

– 2015 aura été l’année où la SNCF a fait le moins de grèves.

Je l’adore cette bonne étoile. Elle aura donné à une année de merde, une conclusion positive.

Edit du soir : Monsieur P, après un pot un peu fort arrosé, est venu me voir pour m’annoncer que notre sursurchef allait me convoquer au sujet de ma demande de mutation. « Je ne suis pas au courant de vos accords moraux alors je ne peux pas me prononcer pour lui mais… »

Connard.

De toute façon, c’est le service d’arrivée qui est prioritaire sur la décision et au cas où ils décidaient ici d’envoyer ma demande, j’en ai envoyé par mail une copie au service d’arrivée. Pas folle la guêpe.

Noël à la cour des miracles.

Il y a quelques semaines, nous avons tous reçu un mail nous interdisant l’installation d’un sapin de noël dans notre bureau. J’avais trouvé ça très con : le sapin de noël n’a rien de religieux, notre bureau est fermé au public et suffisamment grand pour installer des décorations de noël sans bloquer aucun passage. Mais bon, une consigne avait été donné à l’impératif et sur un ton quelque peu menaçant alors je suis passé à autre chose. A la rigueur, mettre un sapin de noël en fond d’écran histoire de faire un peu chier le monde, mais sans plus.

Je suis donc arrivée hier au bureau après une semaine de permanences de nuit (heureusement qu’elles sont là, elles…) et à peine avais-je ouvert la porte que Bim ! Mes yeux tombent sur un affreux mini sapin sur MON bureau. Entre la vieille acariâtre dont je me méfie comme de la peste et le lemming fourbe qui n’hésite pas à mettre les autres dans la merde pour qu’on ne voit pas sa grosse connerie (genre : « haaaan, untel n’a pas éteint la lumière des toilettes du studio de permanence avant de partir » pour tenter de cacher le fait qu’il venait de boucher l’évier avec ses mégots de cigarettes, oublié la porte du frigo ouverte laissant le bac à glaçon se dégivrer et couler par terre et étalé de la merde sur la poubelle des toilettes) j’avoue que mon cœur a eu un raté. Pourquoi installer un sapin malgré l’interdiction et justement sur MON bureau ? Puis je suis entrée un peu plus dans la pièce et découvert qu’un plus gros sapin avait été installé sur l’appui de fenêtre.

Là je me suis dit que mes collègues s’étaient fait greffer des couilles. J’ai été fière, un instant. Puis D m’a expliqué la raison de l’interdiction :

« Bah en fait, il y a quelques années, des agents avaient mis des guirlandes lumineuses dans leurs sapins et avaient oublié de les débrancher le soir en partant. 3 sapins ont pris feu alors depuis on n’a plus le droit d’en mettre. »

Tout de suite ma fierté s’est muée en une sorte de consternation résignée, genre mes enfants sont cons. Mais pas méchants, hein. Juste cons. Et même pas beau, ce qui aurait pu les sauver. Non. Ils sont juste cons.

« – Ceci dit, l’interdiction est quand même là, que je lui dis.
-Boarf, tant qu’il n’y a pas de guirlande lumineuse…
-…
-Oh putain les cons ! Éloigne la multiprise… »

Oui, je bosse vraiment dans la cour des miracles.

Mise à jour – 21/12/15

J’avais toute une série de post à mettre en ligne mais ma chère clef usb a eu tendance à oublier d’enregistrer ce que je lui donnais, me laissant toute démunie lors d’une permanence de nuit, sans épisode de série à regarder ni texte à mettre en ligne. Il a donc fallu que je me rabatte sur la télé et ses documentaires à la Vie ma vie, Faut que ça brille (fascinant!) et autres niaiseries. Je deviens une pro des émissions américaines dont la télé française est en train de nous faire quantité de remake (enchères à l’aveugle, etc…) et dont, soyons honnêtes, même si la version américaine est naze, ça reste quand même mieux que la version française. Les constructeurs d’affreux chalets canadiens sont attachants.

Sérieux, les chaînes… Faites un effort : Si vous êtes incapables de faire dans le produit original, faites au moins de la copie de qualité !

Bref. Je l’ai formatée depuis, ça m’a pris 20h, mais elle semble beaucoup plus stable.

Tout ça pour dire que je vais faire un rapide résumé des dernières semaines :

Les 3 jours d’hôpital se sont bien passés. Dans l’ensemble, tout va bien. Mais j’ai encore plein d’examens à faire.

Je ne fais ni diabète (ce qui me faisait le plus peur), ni cholestérol, ni hypertension. Globalement, je vais bien. Ma vésicule biliaire et mes reins sont un peu boiteux mais rien de dramatique. En revanche, mon utérus est à l’envers, mes ovaires poli-kystiques et je suis stérile. Si jusqu’à aujourd’hui, je me doutais sans être sure que mes soucis venaient de cette zone, maintenant je suis sûre.

Les vacances à Center Parc m’ont fait un bien fou. Les amis avec qui j’y suis allée sont aussi accroc à la piscine que moi et au moins aussi immatures. Même leur fille (13 ans) était de bonne compagnie. Par contre, j’ai été sidérée de constater qu’une famille aussi nombreuse (ils ont 5 enfants et autant de petits-enfants) pouvait avoir si peu d’organisation. Ils ne mangent ni ne cuisinent ensemble -ne parlons même pas du menu équilibré ! – et si les filles passent leur temps à téléphoner à leurs parents et leur petite-soeur, ce n’est pas pour prendre des nouvelles mais pour réclamer telle ou telle chose et demander quand ils reviennent. « Et passez de bonnes vacances » ? Nooooon…

La reprise du boulot après 2 semaines de vacances ont été limites. 3 semaines et je n’aurais pas été capable d’y retourner. Ceci dit, je ne regrette pas, ça m’a permis d’éviter la psychose (légitime) engendrée par l’attentat du 13.

D’ailleurs en parlant des attentats, mes voisins sont formels : Ces gens me cherchent ! 3 attentats en une année, c’est un signe (qu’il faut que je change de boulot, oui Mme V, je sais…). Même qu’une rumeur comme quoi j’ai demandé ma mutation circule dans tout l’immeuble.

Je me suis lâchée côté déco de noël. Au lieu de me contenter des sapins, j’ai mis des bougies partout dans l’appart et collé des étoiles et chaussettes partout dans les entrées de l’immeuble. Nous avons aussi organisé un réveillon de « Pas Noël » avec les voisins. Un apéritif dînatoire, comme ils appellent ça. Ils ont picolés comme des trous (V s’appliquait à remplir tout verre vide qu’il croisait) et mangé comme des gorets ! Un buffet pour 40 personnes, entièrement fait maison, qu’ils ont bouloté à 18. Autant dire que le lendemain matin, non seulement on n’en a pas vu beaucoup mais en plus ils n’étaient pas très frais. Il faut dire aussi qu’on en a eu jusqu’à 4h30 du matin. Autant vous dire que j’ai pas mal dormi aussi ce week-end, pour récupérer.

Surtout que le coup du 4h du matin, je l’ai fait 2 vendredi de suite. Y s’étant planté d’une semaine, il a débarqué à l’appart comme une fleur une semaine trop tôt et on a du coup refait le monde à coup de pizzas et de glace. Cet immeuble m’épuise.

Sinon, dernier point : il y a 2 postes vacants dans mon ancien service et donc oui, mes voisins ont raison, je demande ma mutation. Sauf que l’imprimé est encore dans ma clef usb, que j’ai une trouille bleue d’aller l’apporter à mes chefs et que je me demande comment ils peuvent bien être au courant. Mais vendredi soir, entre les 15 litres de soupe champenoise et les 450 petits fours, ils m’ont TOUS demandé la date des résultats…