Monsieur du 4ème

Pour une raison qui m’échappe, toute conversation anodine avec Monsieur du 4ème prend systématiquement une tournure coquine. Ce qui, évidemment, fait beaucoup rire ma mère. Je suis pourtant convaincue que ça n’a aucune raison d’être : cheveux et robe cintrée en moins, il ressemble tellement à Conchita Wurtz que c’en est troublant. Et comme pas hasard, il était introuvable les semaines des 2 derniers grands prix de l’Eurovision… Un signe.

Tout à commencé à cause de son chat et de ma mère (évidemment). Minou sortait tout juste de chez le Charcuteur, le vétérinaire du quartier et il avait une quantité affolante de cachets à prendre. Monsieur du 4ème, grand paniqué dès qu’il s’agit de son chat, galérait comme un malade pour les lui donner. C’est là que ma mère lui a expliqué que j’avais une technique imparable pour donner à ma chatte sa pilule et qu’il ne fallait pas hésiter à m’appeler à l’aide. Ce qu’il a fait. Sauf que n’ayant pas mon numéro de portable, il a fallu envoyer un SMS à ma mère à 22h alors que j’étais déjà dans mon super pantalon de pyjama rose à carreaux…
« Est-ce que la dodue peut venir me filer un coup de main ?
– Pas de problème, elle enfile une culotte et elle arrive.
– Est-ce bien nécessaire ? »
Et évidemment, elle n’a pas jugé utile de me lire leur conversation. Je suis donc montée tout naïvement au 4ème sans me douter une seule seconde qu’il venait, le saloupiot, d’écrire à ma MAMAN que je n’avais pas besoin de mettre de culotte pour monter chez lui. Alors évidemment, quand je suis ressortie de chez lui pile au moment où l’éclairage de la cage d’escalier s’est coupé et qu’il m’a dit « attends je t’allume », mon « allons, pas le premier soir » a laissé planer un doute.
Je ne savais pas, moi, qu’il avait déjà parlé de ma petite culotte !

Donc ça, c’était la première fois.

Quelques jours plus tard, tous deux invités à un barbecue, on a discuté boulot et de l’enfer des interlocuteurs crétins (j’en ai quand même plus que lui). Cherchant à illustrer ma façon de gérer les chieurs, les comparant à des enfants difficiles, je lui explique que je ne le pose jamais de question ouverte : je ne leur demande pas ce qu’ils veulent manger, je leur présente 2 options : carottes ou brocolis, en sachant pertinemment qu’ils ne prendront pas brocolis puisque les brocolis c’est vert et que les légumes verts, beurk, c’est pour les vaches. « oh moi même pas, qu’il me dit, je leur sers directement jambon coquillettes, ça évite des heures de négociations. »
Pour la petite histoire, avec mon ex, « ce soir c’est jambon coquillettes » était le code pour pouvoir dire, même devant des enfants « on ne viendra pas, ce soir c’est sexe ! », jambon étant mon surnom, coquillette le sien. Oui. De grands romantiques.
Inutile, donc, de préciser que la forme et la couleur de la chipo m’ont laissée perplexe. C’était le 2ème accident.

Le 3ème a eu lieu après l’incident diplomatique maternel : Sa mère, qui n’a de cesse de vanter les mérites de son fils aîné et de dire à la mienne qu’elle aime ses 2 fils mais que l’aîné est quand même ci, ça, et moins comme ça, gna gna gna, explique qu’elle s’inquiète que son fils n’ai pas de petite amie : 
« Et vous n’avez jamais vu de fille chez lui ?
– A part la mienne ? Non.
– Hahaha que vous êtes drôle ! »
C’est assez mal passé. Ma mère n’a rien dit mais elle a déjà commencé à rédiger une épitaphe pour la très prochaine pierre tombale de cette mauvaise mère et, sans même s’en rendre compte je pense, commencé à devenir une maman de substitution. 

On n’est pas loin de la soirée pyjama/Wii ! 

Où j’en étais ? Ah oui, le 3ème oups. En plus cette fois là, il y avait quand même tous nos voisins. Encore un échange de sms entre les 2 : « La soupe champenoise est prête !
– Je mets un string et je descends.
– Est-ce bien nécessaire ? »
Et je disais justement à la doyenne de l’immeuble que les strings ne devraient exister que pour les hommes lorsqu’il est entré dans l’appart. Que seules les fesses des hommes réagissaient parfaitement bien au string… La soupe champenoise, ça fait des ravages.

 

Puis le week-end dernier… On a pour habitude de se conseiller des séries : Il m’a filé Daredevil, je lui ai filé The librarians. On a longuement débattu sur Haven et The last ship… Puis il m’a filé Sense 8. Et hier, sur ma tablette, je me suis retrouvée à regarder une scène de partouze dans un train bondé. Merci, hein ! Merci !

 

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Mc Coin-coin superstar

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une grande fan des photos instantanées. Il y en avait une vieille en noir et blanc de cousin Chouchou jouant dans le sable (déjà presque adulte) faite par mon père qui traînait, allez savoir pourquoi, dans mon placard à jouets et je ne me lassait pas de la regarder. J’étais fascinée par l’idée que le souvenir de ces singeries était dans la poche quelques minutes après. Faut dire qu’à l’époque, on n’avait pas encore d’appareil photo numérique à la maison et que mes appareils photos jetables (3 sur toute ma vie, c’est précis) n’ont jamais été développés. Pas étonnant donc qu’un appareil qui sort immédiatement la photo, ne laissant pas le temps aux parents d’abandonner l’appareil dans un tiroir me fasse rêver.

« Mais si on va te le faire développer, puisque tu insiste. Mais ça coûte cher, tu sais. Tu es sûre que tes photos en valent la peine ? » Culpabilité 1 – 0 Estime de soi.

Alors quand en aidant à ranger les placards de la grande chambre je suis tombée sur l’appareil responsable de la photo de Chouchou et qu’on m’a répondu qu’on ne pouvait plus acheter de cartouches pour l’utiliser, mon rêve de photos souvenir est allé rejoindre mon souhait de devenir sirène et ma foi en l’espèce humaine. Plus tard, il y a eu des petits modèles avec autocollant intégré, format timbre poste, etc mais… A quoi bon ?

Et bien… A photographier des jouets !

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Nanère !

Balade à St Joseph ou la rencontre entre la mégalomanie, la nostalgie et la poussière…

Mardi dernier, je suis allée faire un tour à St-Joseph. C’est une sorte (je dis bien sorte) de village figé dans le temps. Le truc, c’est qu’on ne sait pas quand il a été réellement figé. 1900 ? 1930 ? 1960 ? Déjà la brochure ne le sait pas elle-même. Et quand on tombe sur une affiche de 1976 avant de tomber sur une « invention du fondateur » datant des années 90, là on commence sérieusement à se demander ce qui se passe.

Le truc, c’est que ce « village » a été créé par Monsieur Megalo himself, Daniel Baclez. Et on y va : Daniel Baclez a fait ceci… Daniel Baclez a fait cela… Le chemin de croix (très kitsch) de Daniel Baclez… Daniel Baclez a rencontré untel… Cette oeuvre géniale qui a remporté un prix a été inventée par Daniel Baclez… Et si vous avez fermé les yeux sur toutes les étiquettes explicatives, les photos, etc… En sortant du village, vous passerez devant : l’atelier de Daniel Baclez.

C’est bon Danny, on sait que tu es là ! J’ai d’ailleurs eu beaucoup de difficultés à ne pas aller le voir pour prendre des nouvelles de son melon et de ses chevilles alors qu’il était là au bout de son chemin de croix, à tapoter ses petites brochures devant l’affiche : « Le chemin de ma vie » autobiographie de… Je vous le donne en mille : Daniel Baclez.

Une telle mégalomanie, ça force au respect cela dit…

Après, une fois passé sur la poussière environnante, le manque flagrant d’entretien (en dehors des espaces verts impeccables) ou de logique historique (on a Baclez son travail de recherches ? Oui, j’ai honte), l’omniprésence du « fondateur » (gloâre à lui)… La promenade reste très agréable : des points d’eau, de la végétation à foison, des petits ponts pour aller ici ou là, des énigmes pour les enfants auxquelles les adultes se prennent au jeu… Et un estaminet très agréable.

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C’est à mon tour d’être nostalgique de leur jus de pomme.

Saccage ce carnet – Page 1 : Emporte ce livre avec toi sous la douche…

Ma salle de bain est toute petite. C’en est presque indécent. Pour aggraver son cas, elle est aveugle, a un rideau à la place de la porte pour gagner un peu de place, est mal éclairée, le miroir est pourri, la baignoire est tellement petite que mes jambes ne tiennent pas allongées dedans, le lavabo a été recyclé en baignoire pour chat… Je ne dis pas tout ça pour excuser mes cheveux mal coiffés et l’absence de maquillage 300 jours sur 365. Juste que devoir en plus caser un carnet entre le canard et le shampoing, ça commence à faire beaucoup.

Bientôt tout se petit monde prendra sa douche sans moi, faute de place !

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En tout cas, il a plutôt bien vécu l’épreuve, je m’attendais à pire. Maintenant, il sent bon le chèvrefeuille et la petite serviette à peine nouée autour de la taille lui donne un air de tombeur…