L’art de la solitude ou l’envie d’un cupcake.

J’ai très vite appris le sens du mot solitude. Des grands-parents paternels qui s’en prenaient constamment à moi pour atteindre ma mère, des « camarades » de classe dressés par leurs parents à m’insulter car étrangère (le département voisin, c’est le bout du monde !) ou encore une place d’éternelle suivante (« on s’occupe de toi après », « attends un peu », « non mais ce n’est pas grave, elle comprendra »)… Toutes ces choses m’ont enseigné très tôt à être seule.

Alors quand maintenant on vient me faire chier parce que je ne suis pas hyper super méga trop heureuse de passer ma vie littéralement envahie par tout le monde et surtout n’importe qui, vous m’excuserez, mais ça frise l’insolence !

Bref.

Tout ça pour dire que j’ai apprivoisé la solitude. Je pense même avoir appris à l’aimer. Elle ne me lâche jamais, est toujours fidèle au poste, ne me met jamais de côté au profit d’un clampin lambda et de son nombril… La solitude et moi, nous formons un peu un vieux couple qui ne doute plus depuis longtemps de la fidélité et de l’affection de l’autre.

Sauf que la solitude a tout de même ses limites : elle n’est pas très loquace et est surtout casanière. Si à 25 ans, aller seule au cinéma ne me posait pas de problème, j’avoue que 10 ans plus tard, ça commence à coincer. Non pas que je me trouve trop vieille pour sortir seule, mais je ne me sens plus la force d’affronter le mépris clairement manifesté à mon égard des gens qui me jugent trop grosse ou pas dans le style adéquat pour avoir le droit d’exister dans leur environnement.

J’ai eu le malheur d’entrer chez Zing à Euralille. Les clients m’ont traitée comme la dernière des merdes, me poussant, me jaugeant en ricanant jusqu’à ce que je quitte le magasin. Autant dire que je n’y mettrai plus les pieds, uniquement à cause de la clientèle. Même chose pour Sugar Kiss Cupcake où je n’ai même pas pu passer le cap de la porte d’entrée, bloquée par deux nanas qui s’étaient improvisées videurs de nightclub ! Visiblement, je n’avais pas le look pour mériter d’entrer. C’est peut-être une boutique très bien, mais je n’ai pas le droit de le savoir.

Comme c’est un problème voué à se généraliser (la personne seule donc fragile doit mourir pour le confort de la meute en face) je me retrouve face à un dilemme. Que faire ? Car j’ai vraiment envie de manger un cupcake, d’aller au bar à chiens ou encore de changer de sac-à-main :

1, me rebeller ? Leur dire d’aller se faire foutre, clamer haut et fort que les solitaires ont le droit d’exister, même s’ils sont gros et ont des goûts vestimentaires discutables ? Pour ma défense, je tiens à préciser que JAMAIS la Fashion Police n’a eu besoin de faire une descente dans mon dressing. Que vous autres, les nanas bien dans votre peau, on en parle des leggings galaxie et des tops Rihanna/moustache ? À votre place, je ne ferais pas la fière…

2, trouver une autre âme en peine désireuse d’exister malgré tout et de découvrir ce que sa ville a à lui proposer ? Car c’est quand-même dommage : Combien sommes-nous dans cette ville à nous contenter du vital (aller bosser, faire une ou deux courses, rentrer) parce que notre individualité est jugée inacceptable par les meutes ?

On va me dire que je n’ai qu’à faire les boutiques en ligne et payer ma tranquillité en frais de port… Mais aussi solitaire que je puisse être devenue, j’ai quand-même parfois cette faiblesse d’avoir besoin de constater que je ne suis pas totalement isolée, qu’il existe encore un monde dehors et que j’ai encore le droit d’y exister. Suis-je à ce point abjecte que ma présence incommode le monde ? Suis-je à ce point répugnante que le simple fait de savoir que je vais peut-être acheter le même produit que vous va vous contaminer à tout jamais ? Depuis quand être seule est-il devenu un crime ?

Je crois que j’ai vraiment raté un épisode dans l’évolution de notre société…

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Bon. Je ne suis pas encore convaincue par le thème du blog, par l’affichage en résumé (je viens de modifier TOUTES mes pages une par une pour le virer…) ni l’ordre d’affichage du plus ancien au plus récent. Autant dire que je ne suis pas du tout convaincue de rien. Mais j’ai au moins déjà mis quelques pages, que j’en ai encore quelques unes d’avance mais que je commence déjà à paniquer parce que la suite n’est pas prête.

You… Hou.

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De l’art de tout mélanger…

Ça commence par quelques points :

  • J’ai grandi au son de « tu fais quelque chose d’utile ? » qui voulait dire « il faut une volontaire pour mettre la table » mais que j’ai interprété comme s’il fallait que toute activité soit utile et/ou productive. Il faut donc que quelque chose ressorte toujours de mes heures de jeu.
  • Les Sims sont mon jeu de base depuis 2002.
  • Mais il n’y a pas que les Sims dans la vie. Il y a des tas d’autres jeux dont il faut absolument qu’y jouer soit « productif »
  • J’aime les histoires. Les lire, les écrire… Plus elles sont cousues de fil blanc et irréalistes et plus je les aime.
  • J’aime aussi tout mélanger et créer de nouvelles histoires, voire imaginer l’histoire des personnages secondaires et autres faire-valoir (les sagas à l’eau de rose où chaque personnage a droit à son histoire, c’est le paradis !)
  • Faute de vie sociale, j’ai du temps à perdre.

Dans mon planner (dans celui qui reste à l’appart, je me suis fait une raison), j’ai des tas de bribes d’histoires. Même quelques souvenirs, rêves, défouloirs. Et je me suis dit que ça pourrait être bien de partir de ces petites notes, de les mélanger avec des captures d’écran de différents jeux (Sims, Mass Effect, Unravel…), de blinder les Sims 4 de contenu d’autres jeux -puisque c’est le plus à même de tout recevoir sans broncher-, de secouer le tout et de voir ce que ça donne.

Encore faut-il trouver un moyen de présenter tout ça…

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Parce que « riz gluant et poisson mort entouré d’une feuille d’algue » c’était trop long comme nom pour un chat…

Dans moins de 2 heures, Sushi a rendez-vous chez le vétérinaire et vu son état, elle ne reviendra pas. Je savais bien que ce jour arriverait, on me l’avait même annoncé pour il y a 9 ans. Née 3 jours après le reste de la portée, le cerveau trop cuit, les dents de lait non remplacées par des définitives… Elle a eu une vie bonus et en a bien profité. Donc je ne culpabilise pas. Je ne me dis pas que j’aurais du faire autrement ni que c’est de ma faute. De toute la fratrie, c’est même celle qui a vécu le plus longtemps. C’est dire.

Mais l’idée de l’emmener au peloton d’exécution n’en reste pas moins difficile à avaler. Heureusement que ma mamie d’adoption connaît LE cabinet vétérinaire idéal et que « je serais bien incapable d’indiquer le chemin, il vaut mieux que je conduise »… Et on se demande pourquoi je suis fan.

Le plus gros problème, ça reste Grenouille. 3 scénarios se présentent :

  • Celui que j’espère le plus : Il reste tristounet quelques jours à la chercher puis se fait une raison et redevient le beauf qu’on connaît si bien.
  • Celui que je redoute : Il ne se remet pas de son absence et se laisse mourir.
  • Celui qui me ferait dire que j’ai un karma de merde : Il devient encore plus envahissant, réclame encore plus d’attention pour compenser.

Honnêtement, je ne survivrai pas au 3ème.

Puis il y a les week-ends. Si jusqu’à aujourd’hui, on pouvait les laisser seuls à l’appartement avec la voisine qui vient faire sa lessive et les nourrir, il sera beaucoup plus difficile, voire impossible de faire ça avec Grenouille seul. Il vit très mal la solitude, sûrement à cause des abandons successifs durant sa jeunesse. Donc s’il ne suit pas le 1er scénario, il ne me reste plus qu’une solution : l’emmener au chalet le week-end. Joie. Je viens juste d’installer un tapis blanc.

Une fois le rythme pris, il ne sera plus possible de changer. Vieux garçon comme il est, si ce vendredi-ci je l’emmène en week-end, ça veut dire que je l’emmène TOUS les week-ends et que je dois donc équiper le chalet pour un chat : Je suis dans la merde.

J’ai toujours dit que Sushi est le membre indispensable de cette famille.

Toute une vie format A5

Je suis la parfaite synthèse de mes ancêtres. C’est un peu comme si tout ce qui me caractérisait étaient les détails de ma mère (sa passion des fournitures de bureau, les listes et la vaisselle), de ma grand-mère (le besoin d’avoir des réserves, le crucifix planqué dans la maison) et de mon arrière grand-mère (chocolat!). J’ai même hérité des auriculaires crochues de l’arrière arrière grand-tante Marie-Louise.

Et de son auto-portrait au fusain.

Je suis donc devenue une créature obsédée par les stocks, la trousse optimale, l’agenda efficace… Aux doigts crochus. Je fais des tonnes de listes pour tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi), je planifie tout et me tords de douleur quand je constate que mon activité n’est pas « utile ».

Les planificateurs sont donc apparus comme la solution parfaite : un agenda, des pages pour écrire, d’autres pour faire des listes, dessiner… Mais voilà : A l’instar de la trousse optimale, concevoir le planificateur parfait est bien plus compliqué que je ne l’aurais cru. Avant même de parler du type de feuilles ou des signets, notes adhésives, etc… le choix du planificateur en lui-même est un casse-tête. Je viens de recevoir mon troisième.

Le premier est affreusement gros et prend toute la place dans mon sac à main. Sans compter son poids ! Il a de gros avantages et j’adore sa couleur mais son aspect matelas indestructible (va te faire… Newton!) ne justifie pas que je me déboîte l’épaule.

Le deuxième a l’avantage d’être plus fin, donc plus léger et surtout d’avoir une clef USB dans le fermoir. Seulement ses anneaux sont tellement fins qu’à peine on y a mis 5 intercalaires que le planificateur est plein. Alors oui, il prend moins de place dans le sac, mais quel intérêt si je ne peux rien mettre dedans ? Ceci dit, il m’est très utile au bureau pour les formules de calcul d’antan (qu’on a ressorti car le logiciel de travail est une daube) et autres infos glanées ici et là sur le réseau routier.

Le premier ne va pas non plus prendre sa retraite. Je dois me faire une raison : Pour l’intégrité de mon épaule, je ne peux pas avoir toute ma vie dans un seul planificateur. Je dois faire un choix et séparer les données indispensables (agenda, anniversaires, listes, carnet à saccager) de celles qui peuvent rester à l’appartement (guide de tailles de vêtements et bijoux, astuces de jeux…) voire même avoir un carnet au chalet pour le calendrier du jardin.

Et une fois je serai enfin au point là dessus, je pourrai m’attaquer à la trousse.

Pas facile d’être la petite dernière d’une longue lignée de flamandes siphonnées !

Journal d’une anthropologue autodidacte (et surtout improvisée)

Chaque année, ma mère doit se rendre à une formation, généralement obligatoire et inutile, durant laquelle elle doit cohabiter avec ses « semblables ». Elle y fait donc le pitre, réclame des pauses clopes et sert de confidente aux « grands pontes » de la boîte. Bref. Elle se fait chier.

Mais c’est du coup l’occasion pour un petit rituel : je vais la chercher à l’école en sortant du bureau.

Hier donc, j’attendais patiemment devant le bâtiment. J’ai joué un peu à Pokémon Go (j’ai choppé une arène!!!), gloussé en constatant qu’en recyclant un vieil hotel particulier en bureaux, ils avaient coupé en deux la hauteur des étages pile au milieu des fenêtres, ce qui est fort esthétique et j’ai fait une étrange rencontre.

On dit toujours qu’il ne faut pas parler aux inconnus. Qu’il faut se méfier d’une personne avançant vers toi. Moi, quand quelqu’un me dit bonjour, je lui réponds. Sauf les nanas des sondages à qui je réponds que je suis étrangère (vilaine menteuse) parce que faire le pied de grue à répondre si je suis « plus ou moins d’accord avec cette affirmation », ça me gonfle à mort. Donner une réponse franche, d’accord. Répondre des ni-oui-ni-non, la barbe !

Et puis j’aime jouer les anthropologues citadins. Découvrir de nouvelles espèces, les étudier, tenter de comprendre leurs us et coutumes. Découvrir le lemming en chaussure à pointes (le cadre dit dynamique) et son habitat naturel (le RER A) a été une véritable épreuve, mais la science avant tout !

S’est donc approché de moi un étrange spécimen inconnu : menu, cheveux longs, parlant une langue que je n’ai pas pu identifier tant j’étais obnubilé par ses griffes d’un fort artificiel violet pailleté. La créature me montre alors son petit, sa prise de chasse, une icône religieuse peut-être -qui sait- que j’identifie comme étant un smartphone en poussant une sorte de petit cri plaintif : « hhhheu… hhheu… » Puis elle me montre ce que je prends d’abord pour une blessure mais qui se révèle juste être l’encoche pour ouvrir l’appareil.

Je la regarde faire sans trop comprendre, elle me tend encore un peu plus son Précieux en continuant ses gémissements jusqu’à ce que je capte le problème.

Sans vouloir me vanter, j’ai de très beaux ongles : Longs, solides, taillés en pointe. Ce n’est certes pas à la mode mais cette rencontre m’a confortée dans mon choix d’être hors norme (bien grand mot pour 10 si petites choses…) : Ongle + faux ongle (prothèse ongulaire en gel, qu’on dit, il paraît. Je ne sais même pas si ongulaire est un vrai mot) + vernis pailleté + coupe en carré = pâté plastique trop gros pour se glisser dans la fente.

La pauvre petite créature d’1m50 talons compris, était totalement incapable d’ouvrir son téléphone pour changer la carte Sim tant ses doigts s’apparentaient à des chipolatas que l’on aurait habillées de bouchons de stylos Bic. Pour la dextérité, on repassera.

Comme quoi on est bien peu de chose…

De la difficulté à voir le patrimoine gâché…

Je n’avais pas vraiment prévu de me remettre aux Sims 4 tout de suite. J’attendais l’arrivée de la prochaine extension et l’hypothétique achat d’un portable suffisamment solide pour les réinstaller dessus, histoire de pouvoir jouer à l’appartement et au chalet.

Et puis il a ce projet puéril et stupide de pseudo histoire illustrée par le jeu. L’un des points les plus important, ce sont les constructions. Ça a toujours été le domaine qui m’a toujours plu dans ce jeu. Raison d’ailleurs pour laquelle ce 4ème opus m’a toujours un peu rebutée. L’aspect hyper infantilisant aux proportions exagérées et absurdes, quelle horreur ! Mais le CAS, quelle évolution…

L’un des personnages les plus importants de l’histoire, notamment parce que c’est la narratrice, est la villa Brunhilda. Il s’agit d’une maison abandonnée qui se trouvait à 2 pas de chez moi sur le chemin du collège. J’ai toujours eu énormément de peine pour cette maison. Elle avait été sabotée : Un gars du quartier s’appliquait à racheter de vieilles maisons à retaper, à en démonter la toiture et laisser les intempéries détruire le reste. Technique imparable pour contourner un arrêté municipal interdisant de raser une maison viable, sous couvert de préservation de l’architecture balnéaire. La maison a l’état de ruine, il ne lui restait plus qu’à vendre à prix d’or un terrain à bâtir dans une ville manquant cruellement de place.

La prochaine fois qu’on me parle de la situation de ma maison et de la taille du jardin, je sors le pot de confiture de quetsches ! Et je sais m’en servir !

Bref.

Tout ça pour dire qu’en lisant le journal, j’apprends que Brunhilda a été rasée ! Il ne me restait donc 2 solutions : Choisir une autre maison ou mettre mon jeu Sims 4 à jour et me grouiller de me remettre à la construction avant que Google maps ne soit mis à jour et que la maison disparaisse pour toujours.

http://www.lavoixdunord.fr/218187/article/2017-09-15/decouvrez-l-incroyable-histoire-de-la-villa-brunhilda-au-crepuscule-de-sa-vie

Bon bah… Jouons !

Prochaine étape : l’hôtel Carlton dans le même quartier et dans le même état. Ville fantôme peuplée d’ignares…