De l’incompétence en veux-tu en voilà…

Dimanche, j’ai voulu faire une simulation d’assurance. Résultat, ma boîte mail est submergée de relances. Vous avez fait une simulation mais vous n’avez pas souscrit à l’offre. Faites le vite ! Pourquoi vous ne l’avez pas encore fait ? Hey, vous nous avez oublié ! Revenez ! Viens nous donner ton fric, salope !

J’ai vraiment eu le nez fin de mettre un faux numéro (le propriétaire du dit numéro, s’il existe, doit me haïr). J’ai repensé à cette mutuelle qui m’appelait 6 fois par jour pour que je signe chez eux. J’étais tellement épuisée que j’avais fini par céder et faire valoir mon droit de rétractation. C’était finalement plus simple. Surtout en écrivant le mot « harcèlement » dans le courrier recommandé.

Depuis lundi, 3 ouvriers (rien que ça) sont dans mon bureau pour installer une cloison de 3m de long. Après 2 jours de travail, on a une bâche de fixée et un rail de posé. Ah et un ouvrier blessé. Sachant que demain, le 2ème sera en congés, il ne nous reste plus que celui réputé pour son alcoolisme. Si vendredi la cloison qui devait être posée en 2 jours est finie (on ne parle même pas des peintures), on pourra s’estimer heureux.

Ils sont bruyants, maladroits (d’où le doigt cassé) et grossiers. Mes tympans saignent.

Toute la journée, le logiciel en ligne que nous utilisons pour travailler a été en rade. En tout, il a du fonctionner 3 heures. Réponse de la maintenance : « Vous avez fait une mauvaise manipulation. Je ne sais pas laquelle mais vous en avez fait une » Moui… Donc ça veut dire que les instructeurs de TOUTE la France et TOUS les transporteurs circulant en France ont fait EXACTEMENT la MÊME mauvaise manipulation en MÊME TEMPS.

On est fort. Très fort.

Prends nous pour des jambons, la maintenance…

Mon collègue en congés cette semaine a accumulé une cinquantaine de dossiers en retard et je comptais profiter de son absence pour lui filer un coup de pouce. Mais l’informatique semble en avoir décidé autrement.

Ce midi, une homologue d’un autre département m’a demandé pourquoi je m’étais trompée dans mon dossier. Je ne me suis pas trompée. C’est le département limitrophe qui a merdé mais comme il ne répond pas, elle en déduit que la faute vient de moi. Je lui ai expliqué que l’erreur ne pouvais pas venir de moi mais que si vraiment elle y tenait, je céderais à son caprice. Vu la tournure de la phrase, si elle a un minimum de fierté, elle devrait me lâcher.

La semaine dernière, j’ai déposé un chèque de 1000€. Ce soir, je découvre que mon compte n’a été crédité que de 100€.

C’est une idée où le déclin de notre civilisation a passé un nouveau stade ?

De l’art de se focaliser sur des broutilles

Vous allez trouver ça idiot mais pour moi, une bonne déco intérieure tient dans le détail : le détail n’est pas là pour finaliser une décoration mais doit servir de point de départ. Ça peut être un plaid, un photophore, un bibelot… A l’appartement par exemple, c’est une fissure allant du sol au plafond au niveau du placard qui a déterminé le style géométrique : rayures verticales entre les portes, changement de teinte à partir de la fissure, etc… Pour ma chambre à la maison, c’est une lampe de chevet qu’on venait de m’offrir.

Au chalet, la pièce maîtresse (comprendre le truc tellement volumineux que tu ne peux pas ne pas le voir) c’est le canapé. La déco devra obligatoirement partir de lui. De lui et des murs bleu dont la peinture est encore très présentable et que je n’ai donc pas l’intention de refaire tout de suite parce que j’ai plein d’autres trucs à voir avant et surtout que j’ai horreur de peindre. Bref.

Le canapé est volumineux, noir et un peu bouffé dans le bas. Quelques plaids blanc lui redonneront une nouvelle fraîcheur et donc le détail devra être un coussin. Asymétrie oblige, trois seront unis ou du moins de même couleur et un seul sera à motif.

Innocente et imprudente que je suis – surtout quand on sait qu’il me faut toujours des mois pour me décider – je suis allée m’aventurer sur un site proposant des centaines de housses de coussins. Quelle belle connerie je viens de faire ! DEUX JOURS que je suis dessus, que je sélectionne des housses puis décide que oui mais non mais si mais oh et puis bof… Deux jours que je n’arrive pas à me décider. Ceci dit, à la maison, il m’a fallu 5 mois pour choisir les peintures de ma chambre. Et du jour au lendemain : Pof ! J’avais tout en tête, de la couleur des murs au tissu pour le fauteuil en passant par la tête de lit et les boutons de la table de chevet.

Il y a encore de la marge…

Parce que j’ai bientôt un chez moi quelque part…

Ça y est, c’est fait : J’ai versé un acompte pour l’achat d’un mobile-home ! Enfin pour un chalet sur roues en fait. Si je ne peux pas l’avoir tout de suite, c’est parce qu’ils doivent le déplacer : Au revoir mini parcelle à côté des poubelles qui m’avait sur le coup dissuadée de l’acheter, bonjour la grande parcelle orientée sud-ouest. Je vais avoir une vraie pelouuuuuuuse !

La propriétaire du camping flippe un peu. C’est la première fois qu’ils devront déplacer un truc de ce genre. Contrairement aux mobile-homes classiques, celui-ci est en 2 morceaux sous une toiture amovible. Ils vont donc devoir démonter la toiture, séparer la remorque salle de bain/wc/cuisine/grande chambre de la remorque séjour/petite chambre/terrasse, faire rouler le tout jusqu’à la nouvelle parcelle (heureusement toute proche) et raccrocher tout ce petit monde. Si on ne veut pas que les remorques basculent ou se remplissent d’eau, il faut donc attendre une semaine de beau temps. Et beau temps sec dans les Flandres… Quand la nana en parlait, je sentais bien un léger accent angoissé très communicatif. Autant dire que tant que je n’aurais pas de ses nouvelles, je vais être un peu nerveuse.

Du coup en attendant, je fais la liste de tout ce que je devrai ajouter/remplacer/virer et je me dis que ça va me coûter un rein. Surtout que comme je n’ai aucune intention de le louer, juste le prêter à quelques rares personnes s’ils le souhaitent pour ne pas faire concurrence au camping, je ne rentrerais jamais dans mes frais. Je vais donc devoir y aller progressivement et avoir le sens des priorités.

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Étape 1 : Le cabanon de jardin.
La propriétaire du camping n’est pas regardante sur la forme et le modèle. Il faut juste qu’il soit en bois assez solide car ceux en acier ou plastique vieillissent vite et mal (celui à la maison le confirme). Ça peut sembler con, mais c’est l’achat le plus urgent car il n’est pas question de stocker la tondeuse et le taille-haie dans le séjour. Et puisque c’est à moi d’entretenir la parcelle… Bon l’avantage, c’est qu’on a déjà les outils à la maison et que vu le peu d’herbe à vache qui y pousse, je devrait sans mal pouvoir récupérer la tondeuse. Quant au taille-haie, inutile dans avoir un pour chaque jardin : On ne s’en sert pas toutes les semaines. Ça me laisse donc de la place (et des sous) pour des sacs de terre et de terreau pour mes plantations foireuses de citadine. En plus, j’ai vu qu’il y avait dans la petite chambre un meuble de rangement vraiment affreux qui sera une parfaite pseudo table de jardinage.
Oui j’avoue, ce qui m’excite le plus, c’est d’avoir mon jardin à moi…
Ah et il faudra que je lui trouve un éclairage solaire (dans le nord, haha!) pour ne pas avoir à tirer une ligne à travers la parcelle.

Étape 2 : Le mode de cuisson.
Non pas que j’envisage de cuisiner une carbonnade flamande tous les week-ends mais il me faut bien de quoi cuire des coquillettes. Pour le moment, la cuisine est équipée d’une gazinière. J’ai une peur bleue du gaz. C’est encore pire que l’huile bouillante. Et j’ai vu qu’un élément de cuisine faisait office de meuble télé. Donc dès que je me trouve une petite plaque à induction, je vire la gazinière, installe l’élément de cuisine à sa place sur lequel poser la plaque de cuisson et adieu bouteille de gaz et surtout tuyaux qui ne m’inspirent jamais confiance.
Il y a déjà un micro-ondes, qui sera parfait en attendant de trouver un combiné micro-ondes/convection comme à l’appart et je dois encore avoir une vieille bouilloire électrique à la cave.

Étape 3 : … Oh bon sang il y en a tellement. Je ferais peut-être mieux de faire une grosse liste de course et cocher au fur et à mesure.

Dernière étape : Agrandir la terrasse.
Vue l’orientation du chalet une fois installée, je compte faire une extension de la terrasse sur le côté, plein sud, pour profiter pleinement de mon refuge. Mais pour ça, il va falloir draguer utile !

L’opération mobile-home se précise.

Je suis retournée au camping que je convoitais avec un ami pour qu’il me présente un type qui y vit à l’année. Douche froide directe : non seulement le type est clairement un ivrogne (j’ai un radar pour ça) mais en plus, son hostilité vis-à-vis des propriétaires qui ne viennent que pour les week-ends est des moins encourageantes.
J’ai alors commencé à trouver tous les pires défauts à ce camping. Je l’ai trouvé terne et bordélique, un peu à l’abandon. J’ai tenté de me raisonner en me disant qu’en janvier, tous les campings devaient avoir l’air miteux… Mais rien n’y faisais, je le trouvais déprimant. Et puis il y a les difficultés pour s’y rendre sans voiture, les prix plutôt élevés des mobile-homes à vendre sur le Bon Coin… En bref, tout me soufflait que je n’avais pas envie de passer mes week-ends dans un repère d’ivrognes.

J’ai donc passé une semaine à me demander si ce caprice en valait vraiment la peine. Ces conneries allaient me revenir trop cher pour ce que ça vaut. Et puis qu’est ce que j’ai besoin d’un pied à terre à la campagne alors qu’on a la maison sur la côte ? Tout ça pour avoir la sensation d’un chez moi, aussi petit soit-il ? Tout ça pour pouvoir décider et ne pas avoir à subir les goûts des autres ? Pour avoir un refuge quand les week-ends en famille me sont insupportables ?
Oui, non, en fait, ça en vaut vraiment la peine.

J’ai donc tout repris à zéro : Quête d’un camping ouvert à l’année avec piscine à moins d’une heure de route de l’appart, dans la direction de la maison et accessible en transports en commun. J’en ai d’abord trouvé un sympa comme tout, avec des trucs à vendre super abordables mais… Impossible d’y aller autrement qu’en voiture. Nouvelle douche froide, nouvelle vague de doutes.

Puis, le Graal. A 1km d’une gare (avec des trains à peu près toutes les heures), sur terrain plat avec allées en graviers (idéal pour l’hiver et le verglas), piscine couverte et chauffée en construction pour ce printemps… Après une petite promenade sur place, je l’ai trouvé petit, rectiligne, strict et impeccable : Un petit côté lotissement militaire qui étrangement me fait fondre.
De retour dans la voiture, le chien d’intérim sur les genoux et les adultes à l’avant se chamaillant pour choisir la route à prendre, je suis retournée faire un tour sur le net, histoire de voir s’il y avait des trucs à vendre là-bas. Nouveau Graal : Mobile-home de moins de 10 ans avec 2 chambres, grande terrasse, cabanon de jardin et, si j’en crois les plans du camping, juste à côté de la piscine : «
– Hey, regardez celui-là… Il a l’air sympa, en bon état et sain. En plus dans mon budget.
– On s’est planté de route et on va devoir repasser devant le camping. Tu veux y retourner ? »

Le soir même, j’envoyais un mail aux patrons du camping et à la propriétaire du dit mobile-home.
La suite ce week-end.
Mais je le sens bien !
Sinon, pour la petite histoire, en faisant un tri dans les rares choses récupérées de mon père, ma mère est tombée sur une photo de moi, posant fièrement devant ma toute première tente igloo… plantée à 2 ou 3km du fameux camping. Elle en est sûre : C’est un signe !

Décès brutal par étouffement à la cantine. Armes du crime : Une histoire de fringue et du flan au Spéculoos.

« Le problème avec les vêtements grande taille, c’est qu’ils ressentent toujours le besoin de meubler l’espace. Autant de tissu ? Vite, mettons du motif ! Et c’est comme ça qu’il y a 7 ou 8 ans, on m’a généreusement offert comme cadeau de départ un t-shirt blanc transparent avec la photo de Marilyn Monroe dessus. Je déteste Marilyn Monroe… « Haha, j’ai dit que je dormais avec du Chanel parce que je ne pouvais quand même pas dire que je dors toute nue… » qu’elle a raconté au journaliste avec son air godiche. C’est justement ce que tu viens de faire, ribaude ! Non vraiment, comment peut-on l’aimer quand les blondes faciles, droguées et cruches ne nous excitent pas ? Je ne comprends pas. Bref. Tout ça pour dire qu’évidemment, on m’a lourdement encouragée à essayer le dit t-shirt. Ah ça qu’elle allure ! Robert et Bernard… Oui, ce sont mes seins. Robert et Bernard étaient tellement fiers derrière le front de la godiche – pour une fois qu’elle avait quelque chose derrière le front – qu’elle avait l’air d’un mix entre une triso et l’alien blonde sous couverture dans Mars Attack. Et alors que les autres, mal à l’aise quand-même, me disaient que le t-shirt m’allait bien, je les remerciais en imaginant quelle mort atroce j’allais infliger à ce vêtement. Oui et aux ex-collègues aussi, j’avoue… »

Et c’est ainsi que ce midi, hilares, une collègue et nos 2 chefs préférés ont découvert que mon sein gauche s’appelait Bernard…

Plus qu’une semaine…

Faisons un point rapide. Oui, je vais (il le faut) me mettre aux points rapides pour éviter de laisser ce blog en désuétude comme cet automne… Faisons donc un point rapide :

  • J’ai reçu samedi une relance des pompes funèbres car ils n’avaient pas été payés. Ils avaient le chèque sur le bureau mais n’osaient pas l’encaisser car il représentait la totalité alors qu’ils sont habitués à être payés par petits bouts. Qui c’est qui a flippé tout le week-end à se demander où ce fichu chèque avait bien pu passer ? Et oui…
  • J’attendais que ce chèque soit encaissé pour faire un point sur mes finances et, si possible, mettre des sous de côté. Du coup, ça m’a un peu gonflé et je viens de basculer plein de sous sur mon livret A (cagnotte mobile-home).
  • Plein parce que 1, j’ai vécu comme un moine depuis fin octobre et 2, soit j’ai eu une prime, soit mon boulot s’est raté mais il m’a versé 1000€ de trop. Le temps qu’ils réagissent et me les réclament à grands renforts de menaces et d’accusations (ils font ça souvent pour masquer leurs boulettes), les sous vont me faire 1 ou 2 centimes d’intérêts. C’est toujours ça.
  • Et puis comme le compte est encore au vert (quand je vous dis que j’ai vécu comme un moine) j’en ai profité pour me commander des collants noirs opaques pour pouvoir mettre des robes cet hiver. Parce qu’en ce moment, c’est leggins + bottes et faire la route le matin avec des talons, ça me tente moyen… Donc qui dit collants dit retour des chaussures plates et ça, c’est beaucoup plus dans mes cordes.
  • Oui bon ok, c’est surtout que j’ai eu pour noël un super manteau et que les baskets, ce n’est pas terrible avec. Quoi que la paire dépareillée ? Faudra que je tente demain.
  • Au fait, ça existe encore les fuseaux ?
  • En ce moment, je mange tous les midis avec 2 de mes chefs. On papote à mort, on refait le monde, on compare nos casseroles… On est vraiment loin de l’ambiance parisienne !
  • Une « nouvelle » boutique a ouvert dans le centre commercial près de chez moi. Enfin nouvelle… Ça fait tellement longtemps que je n’y étais pas allée que si ça tombe, ça fait 2 ans qu’elle existe. Enfin. J’y suis passée vite fait la semaine dernière pour acheter du papier cadeau (la fille qui a fait TOUS ses achats de noël en novembre et qui doit courir dans la cohue des retardataires parce qu’elle a oublié le papier cadeau…) et j’ai découvert un stock de notes adhésives que je n’avais pas : Il y en a des tonnes ! Je sens qu’il va falloir trouver une boite plus grande pour ma collection…
  • J’avais dit quoi au fait ? Point… Rapide ?

Encore une semaine et demi…

Ça fait des lustres que je n’ai pas fait de point. Le changement de rythme, le stress du « nouveau » boulot, tout ça… Alors profitons de la fin d’année pour faire un bilan rapide de 2016…

Et bien sérieux, quelle année ! Épuisante.

Il y a d’abord eu la guerre déclarée à Paris avec le chef odieux et le cheffaillon con comme une bite. Les menaces, les humiliations, les espoirs piétinés en même temps que ma fierté et mon estime… Mais ce qui est amusant dans tout ça, c’est que même si je m’en suis rendue malade à l’époque et que s’il m’arrive encore aujourd’hui de me réveiller en sursaut, persuadée d’avoir oublié de réserver mon train de 5h50, en 3 mois j’ai déjà effacé tout ça de mon esprit. Aucune rancœur, aucune haine : Je suis très vite passé à autre chose. Ce qui n’est pas le cas de mon nouveau chef qui leur en veut énormément (C’était le sujet de la pause déjeuner).

Il y a ensuite eu l’opération qui s’est bien passée mais avec de légers effets secondaires : J’ai eu le mal de mer pendant plusieurs semaines et depuis, mon traitement me provoque pas mal de crampes. Enfin, encore un mois et demi et j’en ai fini avec lui. Rendez-vous en mai pour la suite des aventures de mes ovaires récalcitrants.

Puis il y a eu la mutation en octobre et le retour à une vie saine. Saine ? Oui enfin pas pendant les heures de travail. Alors certes oui, mes collègues sont réglés comme du papier à musique et tous les jours, nous buvons notre thé, déjeunons et faisons nos pauses à heures fixes. Mais je dirais que la stabilité, surtout d’esprit, s’arrête là.

Bon sang qu’ils sont bruyants ! Et ça ri, et ça crie, et ça joue… J’ai découvert l’art d’utiliser les balles anti-stress de façon vraiment efficace : Au lieu de malaxer cette pauvre baballe-toute-molle pour tenter de vous calmer quand un collègue vous énerve, balancez-la lui à la gueule ! Ça défoule, ça calme et surtout ça vous évite la crampe de la main à trop triturer la balle.

Le travail me plaît énormément : Il est intéressant, utile, concret. Après pratiquement 2 années à me sentir totalement inutile, ça fait vraiment du bien.

Fin octobre ne s’est malheureusement pas très bien fini. Le décès de mon père a apporté une vague de paperasserie pas très joyeuse, de frais imprévus, de « retrouvailles » familiales étranges à gérer et surtout de grandes interrogations. J’ai géré l’affaire avec un calme des plus olympiens : Le mardi soir, je signais les accords pour les pompes funèbres. Le mercredi midi, je signais les gros chèques nécessaires en me félicitant d’avoir reporté l’achat du mobile-home. Le jeudi, j’envoyais les formulaires de renonciation à toute succession. Il y a bien eu ce petit moment de faiblesse vendredi soir en rentrant du bureau quand j’ai réalisé que je venais d’autoriser des étrangers à mettre le feu à mon père et que « cendres » était un état rudement définitif (je déteste vraiment tout ce qui est définitif) mais j’étais dans le métro et il est hors de question de me mettre à pleurer en public. Je suis sortie de la rame puis de la station et à peine je sentais l’air frais de l’extérieur que c’était passé.

Mon « deuil » aura duré moins de 2 minutes entre 2 stations de métro. Je me suis fait l’effet d’un monstre. Je savais que ça arriverait tôt (pas autant, ok) et les 4 années sans aucune nouvelle m’y avait plus ou moins préparée. En plus, je le tiens pas mal de lui ce côté warrior trop fier pour céder à toute émotion alors il ne peut s’en prendre qu’à lui-même ! Mais face aux gens autour, ce n’est pas évident d’assumer ce calme. Ce pourquoi je ne l’ai annoncé qu’à très peu de gens.

Samedi midi, les cendres étaient éparpillées et l’affaire était close.

Bilan des courses, vivement que 2016 se termine, que je puisse passer à des choses plus joyeuses :

Continuer mon traitement et devenir une « vraie » femme (je me fais l’effet d’un transsexuel), acheter enfin ce mobile-home, me perfectionner dans mon travail, chasser toujours plus de Pokémon, revoir ma garde-robe, être heureuse…